Bob Dylan, 60 ans de carrière (2/3) : la création du mythe.
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Bob Dylan, 60 ans de carrière (2/3) : la création du mythe.

Hakim Aoudia - Publié le

Temps de lecture : 2 minutes

À 81 ans, l’un des plus célèbres artistes américains du XXe siècle, fête la sortie en 1962 de son tout premier album éponyme, ainsi que l’ouverture d’un musée qui lui est consacré.

En 1961, il est repéré par le producteur John Hammond, qui lui fait signer un contrat avec Columbia. Dans la foulée, sort son premier album éponyme, enregistré en à peine deux séances, pour la modique somme de 402 $. Il est essentiellement composé de reprises folk, blues et country, avec deux compositions originales ; dont le fameux Song to Woody, en hommage à son idole. Il n’aura qu’un petit succès d’estime ; les ventes de dépassants pas les 5 000 exemplaires.

Pour l’enregistrement de son second album, The Freewheelin’ Bob Dylan, paru en 1963 et essentiellement composé de chansons originales, il prend le temps de peaufiner son projet ; l’étalant sur près d’un an. Il y a là des chansons d’amour et d’autres beaucoup plus politiques ; notamment Blowin’ in The Wind, qui devient l’hymne pacifiste et antiraciste des 250 000 manifestants rassemblés devant le pasteur Martin Luther King, le 28 août 1963.

Devenu très vite et malgré lui, porte-drapeau du protest song, aux côtés de Joan Baez et Pete Seeger ; il rejette ce rôle qu’il trouve trop réducteur. Celle-ci le décrit ainsi : « Pour on ne sait quelle raison, à mon avis, il veut se libérer de toute responsabilité. N’importe quelle responsabilité, concernant n’importe qui, me semble-t-il. S’en tirer tout juste avec ce que les autres ont à offrir. »

The Times They Are a-Changin, en 1964, saisit les humeurs d’une Amérique en pleine mutation et prophétise les profonds changements à venir.

La même année, Another Side of Bob Dylan, enregistré en une journée, fait la part belle au Dylan poète : une rupture incomprise par la critique et une partie de son public.

Jamais là où on l’attend, il enfonce le clou avec Bringing It All Back Home et Highway 61 Revisited, en 1965 ; actes de naissance du folk rock influencés par sa rencontre avec les Beatles et sa conviction que l’avenir est désormais électrique.

Il achève sa mue, en 1966, avec Blonde on Blonde, premier double-album de l’histoire du rock : chef-d’œuvre mutant entremêlant différents courants musicaux.

Le 29 juillet 1966, un accident de moto l’oblige à rompre avec la vie d’excès qu’il menait jusqu’alors et se matérialise par John Wesley Harding, qui tranche avec ses productions précédentes par son minimalisme acoustique et son inspiration biblique. Il restera huit ans sans remonter sur scène.

Un peu plus en retrait, il se consacre à sa vie privée et en profite pour s’essayer au cinéma, où il interprète, en 1973, le rôle d’Alias dans Pat Garrett et Billy the Kid, western de Sam Peckinpah, dont il écrira la musique, avec le tube Knockin’ on Heaven’s Door.

S’ensuit une période chrétienne avec l’excellent Slow Train Coming, en 1979 et des années 1980 plutôt indigentes, avant une renaissance dans les années 1990, avec deux albums remarquables : Good As I Been To You, en 1992 et World Gone Wrong, en 1993.

Bob Dylan a créé sa propre légende ; comprenant très tôt qu’un mythe n’est jamais plus durable que lorsqu’il est insaisissable.

Hakim Aoudia.

Notre note
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Bob Dylan – Hurricane (Official Audio)

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