Charles Mingus aurait eu 100 ans (4/4) : Héritage.
Charles Mingus Joni Mitchell Sue Mingus

Charles Mingus aurait eu 100 ans (4/4) : Héritage.

Hakim Aoudia - Publié le

Temps de lecture : 2 minutes

Né en 1922, ce contrebassiste et chef d’orchestre de jazz américain disparu en 1979 laisse une œuvre immense largement éclipsée par sa réputation d’homme en colère.

Fin de vie

En 1977, il est atteint de la maladie de Charcot et ne peut plus se déplacer qu’en fauteuil roulant. Il renoue avec l’esprit workshop de ses débuts et enregistre Cumbia & Jazz Fusion. Celui-ci évoque les rythmes latins de Tijuana Moods et Three or Four Shades of Blues, où il se confronte à la génération montante du jazz : Philip Catherine, Larry Coryell et un certain John Scofield.

En 1978, il se rapproche de Joni Mitchell pour réaliser une adaptation musicale des Four Quartets de T.S. Elliot. Finalement, il doit y renoncer face à la dégradation de son état de santé.

Il s’installe à Cuernavaca au Mexique, pour suivre les conseils et le traitement d’une guérisseuse locale. Pourtant, il décède le 5 janvier 1979.

Conformément à ses dernières volontés ; ses cendres sont dispersées en Inde, dans le Gange par son épouse, Sue Mingus.

Joni Mitchell lui rendra hommage en publiant, la même année, Mingus ; enregistré avec Wayne Shorter, Herbie Hancock, Jaco Pastorius, Peter Erskine, Don Alias et Emil Richards, album émaillé d’enregistrements privés sur lesquels on entend Mingus, discutant, riant et jouant au piano.

Joni Mitchell et Charles Mingus

Héritage

Par la suite, Sue Mingus entretient la flamme de l’héritage musical immense de Charles Mingus.

Elle crée et produit les groupes Mingus Dynastie, Mingus Big Band et Mingus Orchestra pour continuer à interpréter la musique de son mari : le Mingus Big Band remportant même le Grammy Award du meilleur album, en 2011, pour Live At Jazz Standard.

En 1989, elle produit Epitaph ; grand œuvre de Charles Mingus, composé en 1962, jamais joué : une symphonie de 4 235 mesures comprenant 19 mouvements et d’une durée de plus de deux heures. Ce chef-d’œuvre représentait, selon Mingus, la parfaite synthèse musicale de son style ; à mi-chemin entre le jazz et la musique classique. L’œuvre sera jouée au Lincoln Center par un orchestre de 31 musiciens dirigé par Gunther Schuller : « Cette œuvre aborde tous les types d’humeur de caractère et d’expression possibles que l’on peut avoir dans la musique […] Elle reflète exactement la complexité de Mingus en tant que personne. Il était parfois aussi doux qu’un bébé. À l’autre extrémité du spectre, il pouvait être aussi violent qu’un volcan. Et tout cela est dans Epitaph. »

Après la découverte de nouvelles pages manuscrites appartenant à Epitaph, elle sera rejouée en 2007 ; complète cette fois-ci.

En 2002, elle publie son autobiographie Pour l’amour de Mingus ; dévoilant le portrait d’un artiste déroutant, visionnaire, ambigu et libre : « Sa musique n’était pas à vendre… Elle n’était pas non plus au service de ses convictions politiques. Il était trop artiste pour cela. Dans toute sa carrière, je ne l’ai jamais vu accepter un compromis sur une note. »

En 2009, par le biais de l’association créée pour promouvoir la musique de Charles Mingus : Let My Children Hear Music, elle institue le concours annuel : Charles Mingus High School Competition en collaboration avec la Manhattan School of Music de New York.

Hakim Aoudia.

Notre note
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Epitaph (Part One)

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