Le cinéma d’orfèvre de Nuri Bilge Ceylan (1/2).
Regarder sur CANAL+ Nuri Bilge Ceylan sur Amazon Cinéma sur Amazon Bergman sur Amazon

Le cinéma d’orfèvre de Nuri Bilge Ceylan (1/2).

Hakim Aoudia - Publié le

Temps de lecture : 2 minutes

Figure de proue du cinéma turc, Palme d’Or à Cannes en 2014, son œuvre intimiste saisit la complexité d’un pays qui oscille entre tradition et modernité.

Le cinéma peut changer une vie

Né le 26 janvier 1959 à Istanbul, Nuri Bilge Ceylan découvre le cinéma à l’adolescence : « Je vivais dans une très petite ville mais même là, à l’époque, il y avait un cinéma. Le cinéma turc produisait alors 300 films par an, assez proches du cinéma indien, beaucoup de mélos, de films d’aventures. A 16 ans, je suis arrivé à Istanbul et j’ai vu Le Silence de Bergman. J’ai été profondément troublé. Je n’ai pas tout compris mais j’ai ressenti. J’étais introverti, je me sentais différent des autres. Tout à coup, j’ai vu ma vie comme si c’était la vie d’un insecte, et j’ai décidé d’en changer de façon radicale. Il fallait absolument que je réagisse. »

Un solitaire

Après des études d’ingénieur, il apprend la mise en scène à l’université et devient photographe professionnel : « J’ai commencé par la photo, car j’étais trop isolé et trop réservé pour aller vers des cinéastes et demander à être assistant. Les caméras numériques n’existaient pas. Le cinéma paraissait inaccessible. Quand j’ai tourné mon premier court métrage, je n’avais jamais vu un tournage ni personne faire un film. J’ai appris seul, avec des livres et par instinct. Le meilleur moyen d’apprendre, ça me semble encore de regarder les films avec un œil attentif, en se posant des questions. »

Un style

Héritier de Michelangelo Antonioni, Robert Bresson et de Yasujirō Ozu, il utilise la caméra comme une loupe, use et abuse des plans séquences ; comme pour épouser au plus près les corps, les visages et les sentiments de ses acteurs : « Essentiellement, je fais du cinéma pour être occupé : je ne saurais pas quoi faire qui aurait plus de sens. Il faut que je m’engage dans le film, que j’y place mes problèmes et mes souffrances pour essayer de rendre à la vie un sens que je n’y trouve parfois plus. J’essaie de trouver dans le cinéma des réponses aux questions qui me tourmentent. »

Un secret

Il y a chez Nuri Bilge Ceylan, une capacité, hors norme, à mettre en scène la nature humaine et nous laisser deviner le reste : «Quand quelqu’un raconte une histoire, ce qu’il cache est plus important que ce qu’il montre. Une image, c’est comme un iceberg : il y a la partie visible, mais celle invisible est presque dix fois plus importante. C’est sur cette partie-là que le spectateur devient actif. Un film n’a pas à tout vous expliquer ; dans la vraie vie, il faut deviner beaucoup de choses pour s’approcher de la réalité. »

Hakim Aoudia.

Notre note
Nuri Bilge Ceylan winter film palme or cannes 2014 Nuri Bilge Ceylan portrait photo Nuri Bilge Ceylan film Nuri Bilge Ceylan film affiche Nuri Bilge Ceylan film Nuri Bilge Ceylan film

Winter Sleep – Official Trailer

Commentaires

0

Ajouter un commentaire

Fermer le menu
Contribuez à CulturAdvisor Nous écrire
CulturAdvisor