Monet et Rothko dialoguent à Giverny.
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Monet et Rothko dialoguent à Giverny.

Giverny

Hakim Aoudia - Publié le

Temps de lecture : 4 minutes

Le musée des Impressionnismes de Giverny fait dialoguer les œuvres de Claude Monet et Mark Rothko du 18 mars au 3 juillet 2022, explorant les rapports entre les peintures tardives du maitre de l’impressionnisme et celles du digne représentant de l’expressionnisme abstrait.

Claude Monet

Claude Monet et Impression, soleil levant, Crédit Photo.

Né à Paris en 1840, il grandit au Havre. Il y découvre la peinture grâce à une influence majeure : « Si je suis devenu un peintre, c’est à Eugène Boudin que je le dois. »

Installé à Paris, il y côtoie Frédéric Bazille, Auguste Renoir, Alfred Sisley et Camille Pissarro.

Avec Édouard Manet comme figure de proue, il fait partie d’un groupe dont la palette claire, la touche libre et les sujets modernes déplaisent aux jurys officiels.

Ils décident d’organiser leur propre exposition en 1874. Monet y présentera Impression, soleil levant qui inspirera au journaliste Louis Leroy le terme ironique d’impressionnistes. Celui-ci restera, par la suite, associé au groupe.

Mais le succès arrivera beaucoup plus tard. Lorsque son marchand, Paul Durand-Ruel, aura l’idée d’exposer les œuvres des impressionnistes aux États-Unis. Là où le public se montre beaucoup plus réceptif aux audaces de ces derniers.

Monet s’installe à Giverny et y achète une maison de paysan. Bordée par un verger et un jardin, il y fera le paradis fleuri qui l’a toujours fait rêver.

S’inspirant de ses voyages, il trouvera également de nombreux sujets de peinture dans la campagne normande environnante.

Les meules qui parsèment les champs de Giverny vont ainsi lui inspirer ses premières séries. Il y dévoilera les changements de lumières et de couleurs au fil des heures et des saisons.

Bien des années plus tard, Vassily Kandinsky, l’un des fondateurs de l’art abstrait, confessera à quel point, l’une des meules de Monet lui inspirera la possibilité d’une peinture sans motif et sans objet.

En 1895, Monet commence à peindre le jardin d’eau qu’il a créé en bordure de l’Epte. C’est alors que le bassin aux nymphéas devient peu à peu son sujet exclusif. Y compris lorsqu’il est atteint d’une double cataracte en 1912 et même quelques jours avant sa mort en 1926.

Mark Rothko

Mark Rothko et Yellow Over Purple, 1956, crédit photo

Markuss Rotkovičs nait en Russie en 1903 dans une famille juive sécularisée, qui émigrera aux États-Unis à Portland en 1913.

Il fera de brillantes études, parvenant même à obtenir une bourse pour l’université de Yale.

À la fin de sa première année d’études, il quitte l’institution sans diplôme en 1923. En effet, sa bourse n’étant pas renouvelée, il est incapable d’assumer les frais scolaires.

Il emménage à New York d’abord sans but précis. Puis, il décide d’embrasser une carrière d’artiste en assistant à une séance de dessins, d’après modèles vivants à la Parsons School of Design.

Ses premières œuvres explorant la voie de l’expressionnisme, sont des paysages, des natures mortes, des portraits. Sa première exposition personnelle a lieu en 1935.

En 1938, il obtient la nationalité américaine et change son nom en Mark Rothko.

C’est à partir de 1946, qu’il se consacre entièrement à l’abstraction. Inspiré par La Naissance de la tragédie de Friedrich Nietzsche et après un passage par le surréalisme.

Dès 1949, il devient l’une des figures majeures de la scène new-yorkaise, avec Jackson Pollock, Willem de Kooning et Barnett Newman.

Délaissant le figuratif et le symbolisme, il commence à peindre des blocs de couleur. Des sortes de rectangles flottants qui deviennent emblématiques de son œuvre.

En 1964, Jean et Dominique de Ménil, un couple de collectionneurs franco-américains, lui demandent de concevoir des peintures destinées à orner un lieu de méditation.

Rothko honore cette commande dès 1967, mais ne verra pas l’ouverture de la chapelle au public en 1971.

Ses dernières œuvres reflètent un univers de plus en plus sombre avec l’usage du noir et du gris.

Après son suicide en 1970, l’un de ses amis, John Hurt Fischer, apporte l’explication suivante : « J’ai entendu diverses explications : il était en mauvaise santé, il n’avait rien produit depuis six mois, il se sentait rejeté par un monde de l’art dont les goûts éphémères s’étaient tournés vers des peintres plus jeunes et inférieurs. Peut-être y a-t-il un peu de tout cela ; je l’ignore. Mais mon intuition est que sa colère si ancienne fut l’une de ces causes. Car c’était la colère justifiée d’un homme qui se savait prédestiné à peindre des temples, et voyait que ses toiles n’étaient considérées que comme de vulgaires biens marchands. »

L’exposition

Bien que ces deux artistes ne se soient jamais rencontrés, cette exposition montre le lien évident entre les dernières peintures de Claude Monet, vaporeuses, massives, marquées par la cécité de l’artiste et les couleurs lumineuses éblouissantes de Mark Rothko, qui rejoint le cheminement de Monet sur la perspective et la simplification des formes.

Laissons le mot de la fin à Rothko qui affirmait en 1953 : « Malgré l’avis général qui voudrait que Cézanne ait crée une nouvelle vision et qu’il est le père de la peinture moderne, personnellement je préfère Monet. Monet est selon moi le plus grand artiste des deux. »

Hakim Aoudia.

Notre note
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Conférence d’ouverture : Exposition « Monet/Rothko »

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