Rosa Bonheur au Musée d’Orsay !
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Rosa Bonheur au Musée d’Orsay !

Paris

Hakim Aoudia - Publié le

Temps de lecture : 5 minutes

Rosa Bonheur est la plus célèbre peintre animalière de son temps et première femme artiste décorée pour son œuvre. Elle est exposée au Musée d’Orsay jusqu’au 15 janvier 2023. L’occasion de découvrir son œuvre foisonnante et de fêter le bicentenaire de sa naissance. 

Une passion précoce pour le dessin 

Rosalie Bonheur naît le 16 mars 1822 à Bordeaux, dans un environnement familial extrêmement propice à la pratique artistique. En effet, ses parents se rencontrent lorsque son père Raymond Bonheur, peintre renommé, est chargé de donner des cours de dessins à sa mère, Sophie Marchisio, dite Marquis. De plus, la famille compte un ami illustre, le peintre espagnol Francisco Goya, en exil en France à l’époque.

Chiens et outils de chasse. Francisco de Goya. Copyright musée du Prado.

Ainsi, Rosa Bonheur est fortement poussée vers la voie artistique : « Je n’avais pas quatre ans que je me sentais une véritable passion pour le dessin, et je barbouillais les murs blancs, aussi haut que je pouvais atteindre, de mes informes ébauches. Ce qui m’amusait beaucoup aussi, c’était de découper des sujets en papier. Toujours les mêmes, au reste. Je me faisais d’abord de longs rubans, puis, avec mes ciseaux, je découpais en premier lieu le berger, ensuite un chien, ensuite la vache, ensuite le mouton, ensuite l’arbre, invariablement dans le même ordre. » 

En 1829, la famille s’installe à Paris. Malheureusement sa mère décède (probablement du choléra) alors qu’elle n’a que 11 ans. C’est ainsi que son père la met en apprentissage comme couturière. 

À l’époque, ce dernier, gagne sa vie en réalisant des illustrations pour les savants du Muséum d’Histoire naturelle de Paris. Cependant, il finit par être nommé directeur de l’école gratuite de dessin pour jeunes filles de Paris. Ainsi, lorsque Rosa Bonheur se fait renvoyer de ses cours de couture, elle devient l’élève de son père. 

Prendre son indépendance 

En 1836, elle rencontre Nathalie Micas, qui deviendra sa compagne. De plus, elle fréquente régulièrement Le Louvre pour y exercer ses talents de copiste. Très vite, elle réussit à vendre l’une de ses copies ; le Henri IV du peintre flamand Frans Pourbus. La toile est vendue 100 francs et d’autres suivent. Ainsi, elle contribue grandement aux finances de la famille et commence, de la sorte, à acquérir son indépendance.

Frans Pourbus. Henri IV Roi de France en armure (1610). Copyright Musée du Louvre.

Lorsque son père se remarie, en 1842, elle s’installe chez les Micas et prend son propre atelier. Très vite, elle décide de se consacrer à la peinture animalière et se donne les moyens d’y arriver. En effet, elle affirme : « Je ne me plaisais qu’au milieu de ces bêtes, je les étudiais avec passion dans leurs mœurs. Une chose que j’observais avec un intérêt spécial, c’était l’expression de leur regard : l’œil n’est-il pas le miroir de l’âme pour toutes les créatures vivantes ? N’est-ce pas là que se peignent les volontés, les sensations des êtres auxquels la nature n’a pas donné d’autre moyen d’exprimer leur pensée ? » 

La reconnaissance 

Dès lors, elle participe à de nombreux salons et obtient autant de récompenses. Jusqu’au Salon de 1848, où elle reçoit une médaille d’or pour Bœufs et Taureaux, Race du Cantal. Cette haute distinction lui permet, à 26 ans, de décrocher une commande publique. Ce sera pour Labourage nivernais, qui lui sera payée 3 000 francs.

Rosa Bonheur. Labourage nivernais (1849). Copyright Musée d’Orsay.

Lorsque son père décède, en 1849, Rosa Bonheur prend la direction de l’école gratuite de dessin pour jeunes filles. Ainsi, elle affirme à ses nouvelles élèves : « Suivez mes conseils et je ferai de vous des Léonard de Vinci en jupons. » 

Pour améliorer sa technique, elle fréquente également l’abattoir du Roule : « Il faut avoir la passion, le culte de son art pour vivre dans ce milieu d’horreurs, cette brutalité repoussante de ces grossiers tueurs de bêtes. » 

Lorsqu’elle découvre le confort et la liberté que procure un pantalon, elle décide de s’habiller en homme. Cependant, la loi du 7 novembre 1800 oblige les femmes à demander une autorisation à la Préfecture de Police pour pouvoir en porter. C’est pourquoi elle renouvellera, sa vie durant, ses permissions de travestissement. 

Au début des années 1850, elle réalise Le Marché aux Chevaux, une immense toile de 2,44m x 5m. Présentée au Salon de 1853, elle est vendue pour 40 000 francs et finit par intégrer le Metropolitan Museum of Art de New York.

Rosa Bonheur. Le marché aux chevaux (1852). Copyright Metropolitan Museum of Art, New York.

La consécration 

Rosa Bonheur met en place une stratégie commerciale d’une redoutable efficacité. En effet, elle s’associe aux marchands et collectionneurs les plus connus du marché de l’art de l’époque, afin de maitriser l’offre et la demande et ainsi conquérir son indépendance financière. 

En 1859, elle rachète le château de By-Thomery en Seine-et-Marne et s’y installe avec Nathalie Micas et la mère de cette dernière. Elle passera les 40 dernières années de sa vie dans cet ancien domaine seigneurial du XVe siècle.

Très vite, elle s’entoure d’une véritable ménagerie. Il y a là des chevaux, des chiens, des singes, des sangliers et même lions et lionnes ! 

Devenue une véritable star, elle reçoit, à deux reprises, la visite de l’impératrice Eugénie qui lui remet, en 1865, les insignes de chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur, faisant d’elle la première femme à recevoir cette distinction. 

L’année 1889 marque un tournant dans sa vie, car elle perd sa compagne Nathalie Micas. Néanmoins, elle se rend à l’Exposition universelle de Paris où elle découvre le Wild West Show de Buffalo Bill, qui lui redonne goût à la peinture.

Rosa Bonheur. Col. William F. Cody (Buffalo Bill) 1889. Copyright Whitney Gallery of Western Art Collection.

Dorénavant, elle voyage beaucoup, rencontre la Reine Victoria et fait partie de la délégation française qui se rend à l’exposition universelle de 1893 à Chicago. 

Elle est également la première femme, en 1894, promue officière de la Légion d’honneur. 

Depuis le décès de Nathalie Micas, elle entretient une correspondance régulière avec Anna Klumpke, une peintre américaine. Cette dernière partagera les dernières années de sa vie et deviendra son exécutrice testamentaire. De plus, Anna Klumpke rédigera une biographie intitulée Rosa Bonheur, sa vie, son œuvre, qui sera publiée en 1909. 

Rosa Bonheur décède le 25 mai 1899, au château de By des suites d’une congestion pulmonaire contractée lors d’une promenade en forêt. 

L’exposition Rosa Bonheur (1822-1899) au Musée d’Orsay 

Organisée en étroite collaboration avec le musée des Beaux-Arts de sa ville natale (Bordeaux) et le musée d’Orsay, le Château Musée Rosa Bonheur à Thomery et le Musée départemental des peintres de Barbizon, cette rétrospective de grande envergure présente près de 200 œuvres.  

Il y a là des peintures, des sculptures, des photographies et des objets d’art issus des plus prestigieuses collections publiques et privées d’Europe et des États-Unis. 

L’occasion de renouer avec cette artiste hors du commun, véritable virtuose du dessin et de la peinture. À tel point que, pour certains experts, ces tableaux sont tellement proches de la réalité qu’ils pourraient être utilisés pour retrouver les caractéristiques d’espèces disparues. 

À visiter en famille 

N’hésitez pas à y emmener vos enfants à partir de 6 ans. Cette exposition extrêmement ludique peut parfaitement accompagner et enrichir les apprentissages du primaire et du collège. 

Rosa Tandjaoui.  

Notre note
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EXPOSITION ROSA BONHEUR – Bande annonce – FR/EN | Musée d’Orsay

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