J.R.R. Tolkien, seigneur des romanciers !
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J.R.R. Tolkien, seigneur des romanciers !

Hakim Aoudia - Publié le

Temps de lecture : 12 minutes

Même si son influence sur la Fantasy demeure écrasante, l’œuvre de J.R.R. Tolkien et notamment Le Seigneur des Anneaux lui a également permis de conquérir ses lettres de noblesse. L’occasion d’explorer cette œuvre-monde qui a influencé la littérature mondiale, dont La Terre du Milieu est le pilier fondateur.

Un jeune orphelin

John Ronald Reuel Tolkien naît le 3 janvier 1892 à Bloemfontein, dans l’État libre d’Orange, une ancienne république boer qui deviendra l’une des quatre provinces d’Afrique du Sud dès 1910.

La famille Tolkien en Afrique du Sud. J. R. R. bébé, son père Arthur debout à gauche et sa mère Mabel assise. Copyright Tolkien family.

Alors que son frère, Hilary Arthur Reuel, naît le 17 février 1894, sa mère Mabel pense de plus en plus à rentrer en Angleterre, le climat du pays ne convenant pas à la famille.

Ce sera chose faite en avril 1895. Malheureusement, son père, Arthur Reuel, qui devait les rejoindre quelques mois plus tard, décède d’un rhumatisme infectieux.

Sarehole

Le jeune Tolkien a 4 ans lorsque la famille s’installe à Sarehole près de Birmingham et la campagne environnante est pour lui un terrain de jeu formidable. Il y a là des forêts, des prés, une rivière, une écluse et des paysans en carrioles ou à chevaux.

Deux voisins, meuniers de profession, qu’il croise régulièrement le marque, avec leurs immenses barbes noires et leur parler rude, à tel point qu’il les nommera : les ogres !

Plus tard, on l’imagine aisément, le souvenir de cette verte campagne l’aidera à créer ce pays fictif qu’est la Comté.

Alors qu’il sait déjà lire et écrire depuis l’âge de 5 ans, il écrit sa première histoire à 7 ans ; une histoire de dragons !

Le moulin de Sarehole, où vécut Tolkien dans son enfance. Crédit photo Kirsty Bosley.

Orphelin une seconde fois

Fin 1900 et pour des raisons financières, sa mère est contrainte de déménager. C’est une véritable souffrance pour Tolkien qui découvre la banlieue de Birmingham, avec ses fumées d’usines et ses quartiers ouvriers pauvres.

À 12 ans, un évènement tragique vient bouleverser sa vie : sa mère décède brutalement d’un coma diabétique.

J.R.R. Tolkien (à droite) et son frère Hilary en 1905. Domaine public.

Désormais orphelins de père et de mère, Tolkien et son frère sont confiés au père Francis Morgan. Prêtre catholique et ami de la famille, ce dernier subviendra aux besoins des deux enfants.

Ainsi, Tolkien poursuit ses études au prestigieux King Edward VI College.

Un double coup de foudre

En 1908, alors qu’il vient de s’installer avec son frère dans un nouvel appartement, il rencontre une jeune fille qui habite le même immeuble qu’eux et qui joue merveilleusement du piano : Edith Bratt. Ils deviennent très vite inséparables.

Portrait d’Edith Bratt en 1906 à l’âge de 17 ans. Domaine public.

À 19 ans, il réussit les examens d’entrée de l’université d’Oxford et rejoint l’Exeter College. Ainsi, de 1911 à 1915, il prépare une licence de littérature anglaise avec comme spécialité la philologie scandinave. En effet, Tolkien nourrit depuis longtemps une véritable passion pour les langues.

Sa mère lui avait déjà appris le latin et le français. Puis, de sa propre initiative, il avait étudié le grec, l’allemand, le vieil et moyen anglais et le gallois. Tolkien tombe amoureux de la philologie, c’est-à-dire l’étude d’une langue et de sa littérature, bien avant qu’elle ne devienne son métier.

Beowulf

Il est notamment fasciné par Beowulf, un poème épique du VIIe siècle transmis en vieil anglais et par la tradition orale.

La première page du Beowulf dans l’unique manuscrit à l’avoir transmis à ce jour, le Cotton Vitellius A. xv. (Xe siècle). Domaine public.

Bien au-delà du sens, Tolkien s’intéresse à la musicalité du texte. Il comprend qu’il y a une multitude de peuples et de cultures différentes, qui s’expriment par des langues et des sons différents, alors qu’une même qualité les rassemble : leur humanité.

Le Kalevala

De la même manière, il découvre parmi les livres de la bibliothèque de l’université, le Kalevala. Ce grand livre de la mythologie nordique va lui faire découvrir une nouvelle langue, bien différente de celles qu’il connait déjà : le finnois.

Bien plus tard, il affirmera : « Ces récits mythologiques sont pleins de cette culture primitive et souterraine que, dans l’ensemble, la littérature européenne n’a cessé de réduire et d’éliminer depuis des siècles, plus ou moins complètement selon les peuples concernés. »

Cette découverte lui donne envie de créer une nouvelle langue, inspirée du finnois. Ainsi naît le Quenya, qui dans le cadre de l’élaboration des récits de La Terre du Milieu, deviendra la langue des Elfes.

Exemple d’alphabet elfique. Crédit photo.

Inventer des langues

À ce sujet, Tolkien dira : « Je me suis mis à inventer des langues autour de l’âge de 13 ou 14 ans, et je n’ai jamais cessé depuis… Pour moi, les langues ont une saveur, et je ne comprends pas les gens qui disent que c’est très ardu. Pour moi, une nouvelle langue c’est comme un nouveau vin, un nouveau dessert… »

Ainsi, il élabore et développe des langues complexes, et l’on sait qu’il a travaillé pendant des décennies sur le Quenya. Il a non seulement créé des mots et des noms, mais a également inventé des règles de grammaire spécifiques. Il ira même, pour s’habituer à sa propre langue, jusqu’à écrire son journal intime avec cet alphabet.

Une passion pour l’époque médiévale

Comble de l’ironie, Tolkien n’a aucune envie d’être écrivain à l’époque. En effet, il se destine à une carrière universitaire et souhaite devenir professeur.

Mais bien plus que cela, il affiche ostensiblement son mépris pour le théâtre de Shakespeare et L’Ile au Trésor de Stevenson. Pour lui, la littérature anglaise n’a plus rien produit de signifiant depuis Les Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer.

Manuscrit des Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer en vieil anglais de XIVe siècle. Copyright Bibliothèque Royale de Londres.

Ainsi, il est passionné par la littérature ancienne, médiévale, celle qui racontait les récits, histoires et aventures épiques qui ont fondé l’humanité.

Un voyage fondateur

À sa majorité en 1913, Tolkien demande la main d’Edith. Le couple se fiance en janvier 2014, puis au début de l’été de la même année, entreprend un voyage dans les Cornouailles.

Ces paysages de falaises sculptées par la force des vagues et du vent, mais aussi ces plaines et vallées parsemées de roches, vont profondément le marquer. Et c’est probablement à ce moment qu’il comprend que toutes les langues qu’il a créées ont besoin d’un récit, d’une histoire pour les accueillir.

Paysage des Cornouailles. Copyright Tifany Clemenceau.

À son retour de voyage, il écrit un poème, Le Voyage d’Éarendel. Il ne le sait pas encore, mais la première graine de la future mythologie du Silmarillion, genèse de l’univers de La Terre du Milieu, vient d’être plantée.

Quelle ironie de voir qu’au moment où Tolkien met la première pierre à son monde imaginaire, le monde réel s’effondre et sombre dans la guerre.

La Première Guerre mondiale

Le 4 août 1914, le Royaume-Uni déclare la guerre à l’Allemagne.

Tolkien est mobilisé et devient sous-lieutenant du 13e bataillon des fusiliers du Lancashire. Il passe de longs mois à s’entrainer et se spécialise dans les transmissions, apprenant au passage à coder les messages.

Il a néanmoins le temps d’écrire de nouveaux poèmes, et en mars 1916, sentant son départ pour le front proche, il épouse Edith.

Le 4 juin, son bataillon débarque à Calais et quelques semaines plus tard, participe à la bataille de la Somme. Le 1er juillet 1916, premier jour de cette bataille, est une véritable boucherie pour l’armée britannique, avec plus de 19 000 morts.

Soldats du Royal Irish Rifles dans une tranchée. 1er jour de la bataille de la Somme, 1er juillet 1916. Copyright World History Archive.

Ainsi, il découvre l’horreur de la guerre de tranchées, qu’il transposera plus tard dans Le Seigneur des Anneaux, notamment lorsque Sam et Frodon empruntent les Marais Morts, et marchent sur les cadavres de soldats morts durant la première guerre contre Sauron.

Une convalescence forcée

Très vite victime de la fièvre des tranchées, une maladie transmise par les poux qui pullulent dans les lignes fortifiées, il est renvoyé en Angleterre le 8 novembre 1916.

Jugé médicalement inapte, Tolkien est contraint et forcé de passer les deux dernières années de guerre en convalescence, entre hôpitaux et arrières-postes.

Cela lui donne l’occasion d’écrire La Chute de Gondolin, premier texte du Livre des Contes Perdus et d’assister à la naissance de son premier fils, John Francis Reuel, en 1917.

De cette expérience traumatisante naissent également deux concepts forts. D’abord, La Communauté de l’anneau, ce groupe soudé par un but commun et une indéfectible amitié. Ensuite, un personnage central du Seigneur des Anneaux : « Mon “Sam Gamegie” est en fait un décalque du soldat anglais, de secondes classes et d’ordonnances que j’ai connu pendant la guerre de 1914, et que je trouvais de loin supérieurs à moi-même. »

Professeur assistant

En 1920, avec l’arrivée de son deuxième enfant, Michael, Tolkien quitte Oxford pour occuper un poste de professeur assistant à l’université de Leeds.

En parallèle, il continue d’élaborer la mythologie de La Terre du Milieu, avec l’écriture du Silmarillion. Ce regroupement de textes raconte la création et les premiers âges de La terre du Milieu.

En 1923, il rédige de nombreux poèmes dans lesquels figure pour la première fois un dragon, ainsi qu’une créature étrange, visqueuse, aux yeux pâles, qui vit sous le sol d’une caverne. Sméagol, qui deviendra plus tard Gollum, vient de naître et les éléments du grand œuvre de Tolkien se mettent en place, petit à petit.

Gollum, illustration d’Alan Lee pour Le Hobbit. Copyright Alan Lee.

C’est également à Leeds que naît son troisième fils, Christopher, en 1924.

Une nomination

En 1925, son travail est brièvement interrompu par une nomination en tant que professeur d’Anglo-Saxons à Oxford. Il s’installe dans un quartier bourgeois, et c’est là que naît son quatrième enfant : son unique fille Priscilla.

C’est à cette époque qu’il prend pour habitude d’envoyer à ses enfants des lettres prétendument écrites et illustrées par le père Noël.

Un déclic

Commencé au début de ses années de professorat, voilà comment Tolkien raconte la genèse de son premier roman, Le hobbit : « Je revois encore l’endroit de ma maison du 20 Northmoor Road où c’est arrivé. J’avais une énorme pile de devoirs et corriger des devoirs en été, c’est laborieux et malheureusement très ennuyeux. Je me souviens avoir pris une copie et j’allais lui donner un, non, cinq points de plus parce qu’il y avait une page blanche dans ce devoir. Splendide ! Rien à lire ! Alors j’ai griffonné dessus sans savoir pourquoi : « Dans un trou, vivait un Hobbit ». »

Un succès fulgurant

Paru en 1937, ce roman qui narre les aventures du hobbit Bilbo, entraîné bien malgré lui par le magicien Gandalf dans un dangereux voyage vers la Montagne Solitaire, en compagnie de 13 nains, avec l’objectif de récupérer le trésor volé et gardé par le dragon Smaug, est un franc succès.

Un succès, néanmoins, lourd à porter, car dès lors, Tolkien est catalogué comme auteur pour la jeunesse. Une étiquette dont il aura beaucoup de mal à se défaire.

Le Hobbit de J. R. R. Tolkien, couverture de l’édition de 1937. Domaine public.

Pressé d’écrire une suite

Face à l’immense succès du Hobbit, son éditeur lui réclame une suite. Ainsi, Tolkien s’attèle à l’écriture du Seigneur des Anneaux, sans imaginer qu’il s’engage dans une sorte de quête qui durera plus d’une décennie.

Comme il ne sait pas trop par où commencer, il cherche un lien, un fil d’Ariane qui pourrait arrimer toutes ces histoires, les unes aux autres. Et très vite, l’anneau trouvé par Bilbo dans la caverne de Gollum lui parait une évidence. Le considérant comme un personnage à part entière, il imagine son origine, son histoire et l’étendue de son pouvoir.

Lorsqu’il commence à écrire, il s’éloigne instinctivement de l’atmosphère guillerette du Hobbit, pour aborder des contrées beaucoup plus sombres et terrifiantes.

La Seconde Guerre mondiale

Rattrapé par l’histoire, avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Tolkien est contacté par les services secrets britanniques, afin de participer au déchiffrement des codes nazis.

Probablement retardé dans l’écriture de son œuvre, il continue néanmoins à y consacrer la majeure partie de son temps disponible.

Ainsi, on ne peut s’empêcher de noter le synchronisme évident entre la marche de l’histoire et le déroulement de la saga du Seigneur des Anneaux. De plus, il y a très probablement là, la transposition des angoisses de l’auteur. Celle rationnelle de perdre ses deux enfants engagés dans le conflit et l’autre, beaucoup plus sourde, de voir la civilisation occidentale menacée.

Dès lors, on comprend aisément pourquoi la guerre est un élément constitutif de la trame du Seigneur des Anneaux.

Une dimension philosophique

Tolkien est perfectionniste à l’extrême. Il tient avant tout à la crédibilité de son œuvre et dans cette optique, ne cesse de retoucher, modifier et revenir sur ses textes.

De plus, il réalise lui-même les illustrations de ses ouvrages, allant même jusqu’à dessiner les nombreuses cartes de La Terre du Milieu, qui lui permettent de vérifier la cohérence de l’ensemble.

Carte de La Terre du Milieu, tel que dessinée par Tolkien. Domaine public.

Enfin, il intègre à ses romans une dimension philosophique. Même si le bien et le mal sont, pour lui, des points de repère essentiels, il y a chez Tolkien un refus du manichéisme.

Ainsi, Boromir est un héros apparemment sans failles, qui commet la faute de se laisser tenter par l’anneau, avant de se racheter. De la même manière, Gollum est un personnage complexe, une créature transformée par l’anneau, mais qui n’est peut-être pas complètement perdue.

Une tâche immense

Malgré ses doutes, Tolkien persévère et termine l’écriture du Seigneur des Anneaux en 1948. Malheureusement, sa publication est retardée, car Tolkien refuse les coupes et modifications demandées par les éditeurs. Ainsi, le roman ne sera publié qu’en 1954, au moment où un compromis est trouvé : une publication en trois volumes.

Les trois tomes du Seigneur des Anneaux de J. R. R. Tolkien, parus entre 1954 et 1955. Crédit photo.

Les trois tomes reçoivent un succès d’estime, mais c’est dans les années 1960 que les ventes explosent. En effet, la jeunesse américaine s’empare du roman et en fait une lecture qui va dans le sens de la contre-culture de l’époque.

L’éloge de l’amitié, de l’amour pur, le refus de l’oppression et de la guerre, la défense de la nature, autant de thèmes qui touchent une génération en pleine recherche de sens.
Le livre devient culte, au grand dam de Tolkien, qui considère que cette jeunesse ne voit pas dans le livre ce qu’il a voulu y mettre.

Un homme de foi

Bien qu’ayant une sensibilité plutôt libérale sur le plan social et politique, Tolkien reste extrêmement conservateur dans sa pratique religieuse.

Voici ce qu’il dit de son rapport à la foi : « L’unique remède contre une foi qui s’étiole est la communion. Bien qu’immuable, parfait, complet et inviolé, le Saint-Sacrement n’opère chez personne de manière complète et définitive. Comme pour un acte de foi, il faut que cela soit continu et que cela mûrisse au fur et à mesure. »

Bien plus tard, son petit-fils Simon racontera cette anecdote liée au passage du latin à l’anglais à la messe, après le concile Vatican II : « À l’église, il répondait toujours très fort en latin alors que toute l’assemblée répondait en anglais. »

Une retraite méritée

En 1959, Tolkien prend sa retraite de l’université et continue à travailler sur ce qu’il considère comme son grand livre : Le Silmarillion.

Devenu une véritable célébrité et face aux sollicitations incessantes de hordes de fans, il est contraint de déménager avec sa femme à Bournemouth, une ville balnéaire de la côte sud de l’Angleterre, en 1968.

Continuant à travailler sur Le Silmarillion, qu’il ne parviendra jamais à achever, il décède le 2 septembre 1973, à l’âge de 81 ans.

Couverture du Silmarillion de J. R. R. Tolkien, publiée à titre posthume en 1977 par son fils Christopher. Crédit photo.

Le deuxième roman le plus vendu de tous les temps

Avec plus de 150 millions d’exemplaires vendus dans le monde, Le Seigneur des Anneaux n’est aujourd’hui dépassé que par Le Conte de deux cités de Charles Dickens, avec ses 200 millions d’exemplaires vendus.

Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry se classe en troisième position, avec ses 140 millions d’exemplaires, alors que Le Hobbit suit de près, avec 100 millions d’exemplaires écoulés depuis sa parution.

Adapter, c’est trahir

Alors que Tolkien lui-même participe aux premières adaptations radio du Seigneur des Anneaux par la BBC, retranscrire son œuvre reste une gageure.

Dès lors qu’un roman est adapté, notamment au cinéma, le réalisateur s’en empare, se l’approprie et en offre une vision qui lui est propre.

Même si Peter Jackson a réussi, avec son premier opus La Communauté de l’Anneau, à proposer une adaptation relativement proche et respectueuse de l’original, il n’a cessé depuis de s’en éloigner.

Le lancement sur Amazon Prime Vidéo des Anneaux de Pouvoir, série la plus chère de l’histoire, n’a fait qu’enfoncer le clou.

À méditer

Loin de moi l’idée de vous convaincre de la primauté de l’écrit sur l’image, mais peut-être Gustave Flaubert le pourra-t-il : « Jamais moi vivant, on ne m’illustrera, parce que la plus belle description littéraire est dévorée par le plus piètre dessin (…) une femme dessinée ressemble à une femme voilà tout. L’idée est déjà fermée, complète et toutes les phrases sont inutiles tandis qu’une femme écrite fait rêver à mille femmes. »

Hakim Aoudia.

Notre note
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