Erwin Blumenfeld au musée d’art et d’histoire du Judaïsme !
Du 13/10/2022 au 05/03/2023
Paris
Le musée d’art et d’histoire du judaïsme de Paris rend hommage à Erwin Blumenfeld du 13 octobre 2022 au 5 mars 2023. Essentiellement connu pour ses photographies de mode et de publicité des années 1940 et 1950, il fut un touche-à-tout, expérimentateur de génie, qui révolutionna le monde de la photographie.
Une jeunesse marquée par la guerre
Erwin Blumenfeld naît le 26 janvier 1897 à Berlin.
Issu d’une famille juive bourgeoise, la mort de son père, alors qu’il n’a que 13 ans, l’oblige à arrêter ses études et vivre de petits boulots. Ainsi, il sera apprenti dans une boutique de vêtements pour dames, dès l’âge de 16 ans.
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il devient ambulancier et reste, à jamais, marqué par les horreurs du premier conflit mondial.
Un éternel exilé
Démobilisé, il s’exile volontairement aux Pays-Bas dès 1919, commence à s’intéresser à la photographie et à son expérimentation en laboratoire, pour finir par créer un studio de portrait, doublé d’un lieu d’exposition, à Amsterdam.
Dès lors, il pratique le collage, le photomontage, le dessin, l’aquarelle et expérimente tout un tas de techniques : la solarisation, les expositions multiples, la superposition de négatifs, la fragmentation à l’aide de miroirs, ou les jeux de cadrage.

En 1936, il s’installe à Paris, dans un atelier au 9 rue Delambre. Là, il pratique la photographie de nu et les modèles d’artistes. C’est également à cette époque qu’il intègre le mouvement Dada, prenant le pseudonyme de Jan Bloomfield.
Dès 1938, il se spécialise dans la photographie de mode, notamment pour le Vogue France et réalise, en 1939, une photo célèbre de Lisa Fonssagrives, avec sa robe blanche virevoltante, en haut de la tour Eiffel.

Une carrière de photographe de mode aux États-Unis
Considéré par les Français comme ressortissant d’une puissance ennemie, il est interné dès 1940, mais finit par réussir à s’enfuir, pour rejoindre les États-Unis en 1941, dont il obtiendra la naturalisation américaine.
Outre-Atlantique, il abandonne le noir et blanc pour la couleur, créant des photographies d’une esthétique qui lui est propre ; saturées de couleurs, comme pour en fixer l’élégance.

Devenu photographe de studio, il travaillera pour le Harper’s Bazaar, Vogue US, mais également de célèbres maisons de cosmétiques Elisabeth Arden et Helena Rubinstein.
En parallèle, Erwin Blumenfeld réalisera de nombreux autoportraits, mais surtout et dès 1933, marqué par la montée du nazisme, une série de photomontages critiques sur Hitler, dont la contemplation, aujourd’hui, fait froid dans le dos.

Il décède d’un infarctus dans un hôtel de Rome le 4 juillet 1969.
Les Tribulations d’Erwin Blumenfeld
L’exposition du musée d’art et d’histoire du judaïsme se concentre sur la période la plus féconde de l’artiste, qui va de 1930 à 1950.
Il y a là près de 180 photographies, dont la plupart sont inédites, ainsi qu’un grand nombre de documents.
L’occasion de tenter de percer le mystère de ce touche-à-tout de génie, qui révolutionna la photographie et ne cessa d’affirmer : « Chaque image est un récit. Comme je prends au sérieux la beauté, tous mes portraits sont chargés de l’instant qui est le mien. »
Rosa Tandjaoui.
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