Le vampire au cinéma !
Méliès Nosferatu Dracula (Tod Browning) Dracula (Terence Fisher) Roman Polanski

Le vampire au cinéma !

Hakim Aoudia - Publié le

Temps de lecture : 4 minutes

Le vampire, cette créature condamnée à s’abreuver du sang des vivants pour perpétuer une existence de damné a, de tout temps, entretenu une relation particulière avec le cinéma, qui dès ses débuts s’est emparé de cette figure mythique. Voici notre sélection qui permet d’explorer l’extraordinaire diversité de sa représentation à l’écran.

Le Manoir du diable de Georges Méliès (1896)

Court métrage d’à peine 3 minutes, il est aujourd’hui considéré comme le premier film d’horreur de l’histoire.

On y découvre la première apparition d’une chauve-souris qui se transforme en vampire et l’utilisation, révolutionnaire pour l’époque d’effets spéciaux.

Même s’il emploie les codes de l’horreur : vampire, chaudron, squelette, fantômes, monstre bossu, fourche, chauve-souris, apparitions démoniaques, il n’en reste pas moins un spectacle destiné à divertir le public.

Le Manoir du diable de Georges Méliès (1896) (Le vampire au cinéma).

Nosferatu de Friedrich Wilhelm Murnau (1922)

Chef d’œuvre de l’expressionnisme allemand, ce film faillit ne jamais voir le jour.

Le producteur Albin Grau souhaitait réaliser une adaptation du Dracula de Bram Stoker, mais ne parvint pas à se faire céder les droits par la veuve de ce dernier. Pour éviter le plagiat, des différences notables furent ajoutées au scénario. Ainsi, le comte Dracula, dandy victorien se transforma en Comte Orlok à l’apparence monstrueuse, les vampires se mirent à craindre la lumière du jour et leur morsure à transformer leurs victimes en monstres sanguinaires.

À la sortie du film, Florence Stoker intenta néanmoins un procès qui entraina la faillite de la maison de production Prana Films et la saisie de toutes les copies du film pour destruction.

Nosferatu de Friedrich Wilhelm Murnau (1922) (Le vampire au cinéma).

Un petit miracle

Heureusement, une bobine fut sauvée et se retrouva aux États-Unis où en raison d’un oubli de renouvellement des copyrights, le roman était libre de Droits. Et c’est ainsi qu’il put revenir en Europe dans les années 1960, lorsque les droits du livre s’éteignirent. 

Dès lors, grâce à son interprétation du comte Orlok et la perfection de son maquillage, Max Schreck entra dans la légende d’une œuvre cinématographique qui influença plusieurs générations de cinéastes et de spectateurs.

Dracula de Tod Browning (1931)

Il s’agit là du premier film parlant du genre, adapté d’une pièce de théâtre de 1924 d’Hamilton Deane et John L. Balderston, elle-même adaptée du roman éponyme de Bram Stoker. 

La réalisation de Tod Browning reste très largement influencée par le cinéma muet et l’expressionnisme allemand, avec l’usage des clairs-obscurs et l’accentuation des regards. 

L’interprétation de Bela Lugosi, qui avait déjà joué Dracula au théâtre, créé l’archétype d’un vampire aristocrate, dandy et séducteur. Il semblerait même que ce dernier ait finit par se confondre avec son personnage, au point d’affirmer, quelques instants avant sa mort en 1956 : « Je suis le comte Dracula, je suis le roi des vampires, je suis immortel. »

Dracula de Tod Browning (1931) (Le vampire au cinéma).

Le Cauchemar de Dracula de Terence Fisher (1958)

Ici, Christopher Lee impose une interprétation plus charnelle et animale : « (…) La petite-fille de Bram Stoker est venue me voir sur le plateau pendant le tournage et a eu la bonté de m’assurer que mon interprétation était excellente et qu’elle était sûre que son grand-père l’aurait appréciée. J’ai toujours essayé de mettre en évidence la solitude du Mal et particulièrement de bien montrer que, quelque terrible que puissent être les actions du comte Dracula, il était possédé par une force occulte qui échappait entièrement à son contrôle. C’est le Démon le tenant en son pouvoir, qui l’obligeait à commettre ces crimes horribles, car il avait pris possession de son corps depuis des temps immémoriaux. Cependant, son âme, qui subsistait sous l’enveloppe charnelle, était immortelle et ne pouvait être détruite d’aucune façon. Tout ceci pour expliquer la grande tristesse que j’ai essayée de mettre dans mon interprétation. (…) »

Le Cauchemar de Dracula de Terence Fisher (1958) (Le vampire au cinéma).

Le bal des vampires de Roman Polanski (1967)

Nous sommes au fin fond de la Transylvanie, où le professeur Abronsius, vieux scientifique excentrique, chasse les vampires en compagnie de son fidèle assistant Alfred. Lorsque nos deux acolytes apprennent l’enlèvement de la fille de l’aubergiste qui les héberge, ils se rendent au château du comte Van Krolock, où se prépare le bal annuel des vampires. 

Avec cette parodie du film de genre, Roman Polanski prend le contre-pied des films d’horreur de la Hammer, qui terrifiaient les cinéphiles des années 1960, pour les tourner en dérision avec beaucoup d’humour.

Le bal des vampires de Roman Polanski (1967) (Le vampire au cinéma).

Dracula de Francis Ford Coppola (1992)

Cette adaptation se veut être la plus complète, la plus proche et la plus fidèle de l’œuvre de Bram Stoker

Francis Ford Coppola suit la trame du roman en commençant par nous narrer l’histoire de Vlad Drakul au XVe siècle. 

De plus, il fait de Mina, amour éternel de Dracula, un des personnages principaux du film. 

Enfin et surtout, dans une version baroque et extrêmement stylisée, il permet à son personnage une rédemption par l’amour.

Dracula de Francis Ford Coppola (1992) (Le vampire au cinéma).

Entretien avec un vampire de Neil Jordan (1994)

Il s’agit là, de l’adaptation du roman éponyme d’Anne Rice, qui transforme le personnage du vampire en héros romantique. 

Ici, s’opposent deux visions :

  • Celle de Lestat (interprété par Tom Cruise), qui a accepté sa condition, considérant même le vampire supérieur aux humains.
  • Celle de Louis (interprété par Brad Pitt), qui ne parvient pas à se résoudre à cette fatalité. 

Une dualité qui fait de ce film sensuel, une profonde réflexion philosophique sur la nature humaine.

Entretien avec un vampire de Neil Jordan (1994) (Le vampire au cinéma).

La série de films Twilight (2008/2012)

Je dois tout d’abord avouer que je suis complètement passé à côté du phénomène Twilight, car j’ai passé l’âge de… 

Cela dit, ces adaptations cinématographiques de la saga éponyme de Stephenie Meyer ont marqué des générations d’adolescent.e.s., avec cinq films en cinq ans :

Twilight – Chapitre 1 : Fascination bande annonce VF (Le vampire au cinéma).
  • Twilight I : Fascination de Catherine Hardwicke (2008) 
  • Twilight II : Tentation de Chris Weitz (2009) 
  • Twilight III : Hésitation de David Slade (2010) 
  • Twilight IV : Révélation partie 1 de Bill Condon (2011) 
  • Twilight V : Révélation partie 2 de Bill Condon (2012) 

Hakim Aoudia. 

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