Barbe Bleue à l’Artistic Théâtre !
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Barbe Bleue à l’Artistic Théâtre !

Paris

Hakim Aoudia - Publié le

Temps de lecture : 3 minutes

Barbe Bleue à l’Artistic Théâtre : Amélie Nothomb revisite le conte de Perrault, une vision féministe, un combat entre la Bête et la Dominatrice où chacun se découvre, dont chacun sort gagnant. Une belle mise en scène de Frédérique Lazarini, portée par les talentueux Pierre Forest et Lola Zidi.

Par Guillaume d’Azemar de Fabregues

Sur le rideau fermé,

une jeune femme dont le rouge à lèvre et le chapeau rappellent irrésistiblement Amélie Nothomb. Assise, elle sourit, l’air malin, lit le grimoire posé sur ses genoux. Plus tard, une file se forme, jeunes femmes vêtues de noir des chaussures au chapeau. Voilà Saturnine, chapeau jaune, chaussures rouges. Quand Saturnine arriva au lieu du rendez-vous, elle s’étonna qu’il y ait tant de monde…

On est devant un hôtel particulier, dans le septième arrondissement de Paris. Une colocation, chambre de 40 m², avec salle de bain, pour 500 € par mois, ça donne envie. Pourtant chacun sait que les huit précédents colocataires, tous des jeunes femmes, ont disparu sans laisser de traces. Saturnine obtient la chambre, le rideau s’ouvre.

Le rideau s’ouvre sur l’appartement de Don Elmirio Nibal y Milcar. Tentures dorées, longue table nappée, un orgue pour le maître d’hôtel. Une porte, qui donne sur la chambre noire, celle dans laquelle seul Don Elemirio peut entrer. Le duel démarre.

Amélie Nothomb s’est inspirée du conte transcrit par Charles Perrault pour écrire le roman que Frédérique Lazarini a adapté pour la scène

Amélie Nothomb – Barbe bleue. Barbe Bleue à l’Artistic Théâtre !

L’histoire édifiante prévenant la jeune épousée des conséquences de l’infidélité devient chez elle un duel entre une belle et une bête. On y trouve, pèle-mêle, du mystère, du suspens, de l’humour. Et de la séduction, beaucoup de séduction, de part et d’autre. Il vit dans monde ancien, fuit les mondanités, cherche à saisir l’idéal chez la femme qu’il photographie. Il collectionne, il est la Bête de la princesse de Beaumont.

Elle est la femme moderne, elle vit dans un monde très actuel, enseigne, se bat. On ne la choisit pas, elle choisit. Quand elle gagne, elle gagne seule, sans avoir besoin de l’aide du bras d’un homme.

J’ai découvert avec un immense plaisir cette revisite féministe par Amélie Nothomb du conte de Perrault. Si la loi est toujours écrite par Don Elemirio, ce n’est pas dans la soumission que Saturnine trouve le salut, c’est dans le détournement intelligent de cette loi, et ce, à nouveau, avec ses seules ressources.

Le point d’équilibre est recentré,

elle gagne, il n’a pas perdu. Chacun d’eux a repoussé ses limites, pris plaisir à transgresser la loi. Il a découvert sa nature profonde, la volupté de l’obéissance, la force des larmes qu’on laisse échapper.

Frédérique Lazarini signe une mise en scène troublante et enjouée, dans un univers à la Tim Burton mâtiné d’un zeste de Mel Brooks. Comme les conteurs qui reprennent la tradition orale, elle décante les inspirations de son enfance, emmène le spectateur dans une ambiance parfois acidulée, parfois spectrale, pleine de trouvailles et de surprises. Les transgressions se succèdent naturellement. Si le décor est féerique, les couteaux sont tirés, et les lames affûtées.

Sur scène, Pierre Forest, ogre massif et imposant à la voix grave, toujours digne, et Lola Zidi, vive, joyeuse, qui joue de sa sensualité. Avec un grand talent, ils évoluent sur le spectre des désirs et des besoins, soutenus par Cédric Colas, maître d’hôtel et des sons, qui danse et virevolte.

TEASER – Barbe Bleue, d’après le roman d’Amélie Nothomb. Barbe Bleue à l’Artistic Théâtre !

La bête face à la dominatrice ?

J’ai pris un immense plaisir à la voir arriver à ses fins.

Ce Barbe Bleue est comme les contes de notre enfance, une histoire édifiante qui a plusieurs niveaux de lecture. Enlevez la couche édulcorante de Walt Disney, vous y trouvez des viols, des meurtres, et toujours la femme soumise à l’homme. Vous pouvez aller voir la pièce avec des enfants à partir de 10-12 ans, voire avant. Ils auront une lecture différente de la votre, ils recevront le message, vous pourrez avoir le débat à l’issue.

L’avis de Fléchette :

Une pièce poignante avec une touche d’humour où l’on voit les débats psychologiques de Saturnine et où l’on découvre petit à petit le vrai visage du gentil propriétaire… les acteurs sont doués les changements de décors fluides. Les projections et effets sonore font de cette pièce une pleine réussite je l’aime beaucoup et la conseille.

Notre note
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