Théâtre : Notre deuxième journée au Festival Off d’Avignon !
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Théâtre : Notre deuxième journée au Festival Off d’Avignon !

Avignon

Hakim Aoudia - Publié le

Temps de lecture : 4 minutes

Pour cette deuxième journée dédiée au théâtre au Festival Off d’Avignon, je tiens à revenir sur une série d’expériences théâtrales. Il y a là Zola, l’Infréquentable, Ma Séraphine, À Cheval sur le Dos des Oiseaux et Une vampire au soleil. Une journée riche en mots et émotions diverses, qu’il est temps de partager avec vous.

Un outil de construction de soi

Tout d’abord, je tiens à vous rappeler que le spectacle vivant a cette particularité de vous exposer à l’autre : l’auteur, le metteur en scène, les comédiens… Ils prennent le risque de se mettre à nu et d’exposer leur vision du monde, ce qui vous amène à vous interroger sur la vôtre.

Ne vous privez pas de cette expérience exceptionnelle et surtout faites-la vivre à vos enfants, dès leur plus jeune âge. Le théâtre et plus généralement le spectacle vivant font partie des moyens que nous, êtres humains, avons construits pour comprendre notre condition, nos fragilités et notre mortalité. Ne privez pas vos enfants de cet outil magique de construction de soi.

Zola, l’Infréquentable

Dans la première pièce, Didier Caron nous plonge dans un échange violent, injuste, rempli de colère et de mépris, entre Léon Daudet et Émile Zola autour de l’Affaire Dreyfus.

Alors qu’Émile Zola est un romancier populaire reconnu par les lecteurs, Léon n’est qu’un « prénom » encombré par la célébrité de son père, Alphonse. Romancier médiocre, journaliste pamphlétaire au Figaro, il défend la « vraie France catholique » contre tous ceux qu’il considère comme des parasites : les Juifs, les francs-maçons et les nouveaux Français naturalisés. Comme Zola, dont il ne manque pas de rappeler les origines italiennes.

Bande-Annonce de « Zola L’Infréquentable ». (Théâtre : Notre deuxième journée au Festival Off d’Avignon !).

Une formidable interprétation

Pierre Azéma interprète de manière formidable l’engagement, l’indignation, mais aussi la douceur d’un Zola qui, malgré sa colère, éprouve une certaine forme de pitié pour ce fils qui ne parvient pas à devenir un « homme » et dont la frustration est le moteur principal.

Bruno Paviot, quant à lui, met en lumière les mécanismes de fonctionnement de cet homme détestable et envieux. Son visage dévoré par la haine après le départ de sa femme avec un officier et le poids de son illustre père interroge les postures contemporaines de certains hommes pris dans les filets de leurs propres contradictions.

Une pièce à bien noter dans vos agendas, dont nous surveillerons le passage dans votre région. Inscrivez-vous à notre newsletter.

Ma Séraphine

Autres temps, autres tourments. C’est à la veille de la Première Guerre mondiale que Wilhelm Uhde, un marchand d’art allemand installé à Paris et interprété par Laurent Carpentier, rencontre Séraphine Louis, dite Séraphine de Senlis, femme de ménage et peintre à ses heures perdues. Cette rencontre confirme son intérêt pour des artistes marginaux tels que le Douanier Rousseau, Picasso et Braque. De plus, il est convaincu que ces artistes représentent une rupture dans la création artistique contemporaine. La marginalité de leurs expressions et leur fragilité psychique sont des éléments constitutifs d’un nouveau courant artistique.

Les échanges entre Séraphine et Wilhelm retracent efficacement leur désarroi face à une époque impitoyable pour la différence. L’interprétation magistrale de Marie-Bénédicte Roy nous plonge dans un malaise face à la folie de Séraphine, qui la conduit inéluctablement vers l’asile.

Un beau moment de théâtre, qui pourrait être accompagné d’une visite au musée pour découvrir les œuvres de Séraphine.

Bande-Annonce : Ma Séraphine. (Théâtre : Notre deuxième journée au Festival Off d’Avignon !).

À Cheval sur le Dos des Oiseaux

Dans une écriture proche de l’oralité et aux tournures belges, l’autrice Céline Delbecq, qui est également la metteuse en scène, nous invite à l’audition de Carine Bielen.

Carine parle de son fils Logan, de son amour pour lui. Elle parle sans filtre de sa condition d’assistée, d’attardée, de mère « sous contrôle social« . Elle accepte le contrôle et l’ingérence des services sociaux dans sa vie, comprenant que c’est le prix de sa sécurité matérielle.

Cependant, elle exprime ce qui lui reste d’individualité, de singularité, à travers des petites « infractions » aux règles imposées. Oui, elle dort avec son bébé dans les bras. Oui, elle boit un petit verre de piquette, par peur de la nuit, de la disparition et de la mort. Elle reconnaît avoir commis une faute, mais elle aime son fils. Elle est convaincue d’être la meilleure garantie de sécurité affective pour Logan.

A cheval sur le dos des oiseaux de Céline Delbecq. (Théâtre : Notre deuxième journée au Festival Off d’Avignon !).

Une performance bouleversante

La performance d’Ingrid Heiderscheidt est déchirante, bouleversante de vérité. Elle nous entraîne au bord de l’abîme avec ce personnage de femme sans âge, sans illusions, dont la seule conviction est son amour pour son fils. C’est une grande performance d’actrice, qui disparaît parfois au profit de la tragédie humaine et sociale qu’elle incarne.

Je vous conseille vivement la lecture du texte « À cheval sur le dos des oiseaux » de Céline Delbecq, publié aux Éditions Lansman. Cependant, je vous encourage vivement à le découvrir sur scène, dans la mise en scène de Céline Delbecq.

Une vampire au soleil

À 21h20, je me suis rendu à la Manufacture pour découvrir « Une vampire au soleil » de Marien Tillet et Marik Renner. Une pièce qui explore l’expression théâtrale, à la fois dans son écriture et dans sa mise en scène. Mais une pièce également pensée, écrite, mise en scène et interprétée par et pour une équipe. Ainsi, comme tout est essentiel dans le jeu et que l’illusion est un art, parler des monstres et de la monstruosité nécessite de convoquer les sons, les lumières, les obscurités, les artifices… Sinon, comment explorer le tragique avec délicatesse autrement ?

Une vampire au soleil de Marien Tillet et Marik Renner. (Théâtre : Notre deuxième journée au Festival Off d’Avignon !).

Un équilibre parfait entre fragilité et force

Dans « Une vampire au soleil« , Marik Renner incarne une vampire tour à tour romantique, tourmentée, qui négocie avec sa mémoire les violences d’aujourd’hui et d’hier. Elle vit, explore dans sa chair la violence et la répercute. Enfin, elle tente de la comprendre, d’en saisir les origines et de s’en libérer. C’est un parcours de guérison qui passe par la colère, le déni, la violence, la sublimation, et enfin une rébellion, prémisses de la cicatrisation. Marik Renner offre une interprétation franche et ancrée dans son époque. Elle trouve un équilibre parfait entre fragilité et force !  

Certains sujets doivent être abordés par l’art pour libérer la parole. Prenez vos adolescents par la main et précipitez-vous. Si la discussion ne s’engage pas avec vous, ne craignez rien, elle se fera entre pairs et c’est tout aussi bien. 

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Rosa Tandjaoui.

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