21 nuits avec Pattie d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu, ou le film du verbe qui se fait chair !

21 nuits avec Pattie d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu, ou le film du verbe qui se fait chair !

Mag Centre - Publié le

Temps de lecture : 2 minutes

C’est avant tout un film très littéraire que nous proposent les frères Larrieu dans ce conte érotico-fantastique. Car ce film, c’est d’abord la jouissance du verbe avec la description de ses frasques sexuelles par Pattie (Karine Viard). Drôle de cinéma de la crudité quand le mot remplace l’image, la pornographie verbale du propos s’affranchit soudainement de toutes les censures, pour des scènes qui mises en images aurait valu au film un classement X… 21 nuits avec Pattie d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu, avec Karine Viard, Isabelle Carré et André Dussollier, ou le film du verbe qui se fait chair !

Tout est désirs ou fantasmes

Dans ce décor idyllique de l’Aude profonde, Caroline (Isabelle Carré) venue de Paris pour enterrer une mère dont elle ne connait pas trop la vie, se perd dans un autre monde, telle Alice découvrant que, peut-être, les spectres se promènent en dansant, et que pour rencontrer J. M. G. Le Clézio (André Dussollier), il suffit d’y croire. Car tout est désirs ou fantasmes dans cette étrange vallée, où Éros et Bacchus font bon ménage, et où les tabous semblent abolis, jusqu’à l’immonde nécrophilie que même le sémillant gendarme justifie. Car comme l’écrit le vrai Le Clézio dans “l’Extase Matérielle” que lit le faux Le Clézio : « Le corps est vie, l’esprit est mort. La matière est être, l’intellect néant. Et le secret absolu de la pensée est sans doute ce désir jamais oublié de se replonger dans la plus extatique fusion avec la matière. » Fusion extatique qui transfigurera Caroline un soir d’orage…

21 nuits avec Pattie d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu, avec Karine Viard, Isabelle Carré et André Dussollier, ou le film du verbe qui se fait chair !

Un film jubilatoire et hédoniste

Toute l’histoire est racontée dans une image au format quasiment carré (le 1,33 de nos vieilles télés), ce qui, imperceptiblement, interdit tout espace autour des acteurs et impose une sorte de narration qui isole chaque personnage dans son univers fantasmatique. Jusqu’aux cinq dernières minutes où l’image redevient “normale”, avec un coucher de soleil digne d’une pub Renault, pour les retrouvailles de Caroline avec son mari oublié, avec une chute de rein finale, qui si elle sauve la morale, manque singulièrement d’originalité pour ce film jubilatoire et hédoniste, somme toute un peu trop bavard pour être honnête.

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Par Gérard Poitou. MagCentre.

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