Catherine Van den Steen : l’art comme terre d’accueil, ou le portrait d’une artiste engagée !

Catherine Van den Steen : l’art comme terre d’accueil, ou le portrait d’une artiste engagée !

Rosa Tandjaoui - Publié le

Temps de lecture : 3 minutes

L’œuvre de Catherine Van den Steen, d’une délicatesse rare, touche par son intensité silencieuse : paysages sensibles, silhouettes en mouvement, lieux traversés par la mémoire. L’artiste construit depuis plusieurs décennies une production profondément incarnée, mêlant dessin, photographie et peinture avec une élégance subtile. Ses séries et projets — des réinterprétations baroque de Rubens aux récits poétiques de La Gourdoire, en passant par les bouleversants Portraits d’exil — révèlent une sensibilité qui sait capter le fragile, l’entre-deux, la trace. L’occasion de faire l’expérience d’un art qui ne se contente pas de représenter : il accueille, relie et ouvre des chemins intérieurs. Et de découvrir l’une des propositions plastiques les plus fines et les plus authentiques du moment. Catherine Van den Steen : l’art comme terre d’accueil, ou le portrait d’une artiste engagée !

Aux origines d’une sensibilité

Née en 1961, Catherine Van den Steen élabore, dès ses débuts, une pratique artistique fondée sur l’observation attentive du monde et la patience du geste. Formée au dessin et à la peinture à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (dont elle sort diplômée en 1985), elle explore très tôt les croisements entre techniques : le trait, la lumière, la matière deviennent des outils pour raconter ce que les mots n’épuisent pas. Son parcours se construit par séries, chacune nourrie d’une immersion : lieux traversés, archives feuilletées, rencontres humaines, paysages familiers.

Sa première exposition personnelle, en 1987 à la galerie Katia Granoff à Paris, marque le début d’une carrière jalonnée de rencontres et de résidences, comme celle au Domaine de Villarceaux avec l’association La Source de Gérard Garouste. Ces expériences nourrissent une démarche artistique où l’observation du réel se mêle à une quête de l’invisible, où chaque œuvre devient une invitation à voir au-delà des apparences.

La Gourdoire, dessin (2024), crayons de couleur (41x62). (Catherine Van den Steen : l’art comme terre d’accueil, ou le portrait d'une artiste engagée !).
La Gourdoire, dessin (2024), crayons de couleur (41×62). (Catherine Van den Steen : l’art comme terre d’accueil, ou le portrait d’une artiste engagée !).

l’entrelacs du geste et du récit

Le travail de Catherine Van den Steen se caractérise par une tension permanente entre figuratif et abstraction, entre précision du trait et dissolution des formes. Le dessin et la photographie, souvent travaillés en séries (La Gourdoire, Jardin en friche), répondent à la peinture qui, parfois, réinvestit des modèles historiques (Rubens à New York). Le recours aux techniques mixtes et aux “multiples” manifeste une volonté de décloisonner les médiums : photographie in situ, fusain, crayons de couleur et couches picturales dialoguent pour produire des surfaces où la mémoire affleure.

Série Portraits d'exil (2021). (Catherine Van den Steen : l’art comme terre d’accueil, ou le portrait d'une artiste engagée !).
Série Portraits d’exil (2021). (Catherine Van den Steen : l’art comme terre d’accueil, ou le portrait d’une artiste engagée !).

Thématiquement, le travail interroge le déplacement (exils, marches, territoires domestiques) et la transmission (temps, archives, héritages picturaux) ; formellement, il privilégie la modulation du trait, la stratification et des compositions qui laissent voir le travail de construction de l’image. On perçoit des filiations — de la grande peinture baroque relue aux préoccupations contemporaines documentaires — sans que jamais la référence ne l’emporte sur la tonalité proprement picturale de l’œuvre.

La Chute 1 (2019), encre et crayon aquarellable sur toile de coton (200x157). (Catherine Van den Steen : l’art comme terre d’accueil, ou le portrait d'une artiste engagée !).
La Chute 1 (2019), encre et crayon aquarellable sur toile de coton (200×157). (Catherine Van den Steen : l’art comme terre d’accueil, ou le portrait d’une artiste engagée !).

Actualité et expositions : où voir son travail en 2025 et 2026 ?

Ces dernières années, Catherine Van den Steen a multiplié expositions personnelles et projets in situ : l’exposition Entrelacs s’est tenue à la Galerie La Boucherie de Saint-Briac-sur-Mer (2024), tandis que la série Portraits d’exil à été exposée à La Barcarolle à Saint-Omer (2024).

Alors que l’exposition De mains en mains vient de se terminer (le 12 octobre) à la Villa des Tourelles de Nanterre, Inventer l’aventure continue à La Terrasse, espace d’art de Nanterre, jusqu’au 20 décembre 2025

Enfin, elle fait partie de la sélection d’œuvres de l’exposition Co-existences, à l’ar[T]senal, Centre d’art contemporain de Dreux, jusqu’au 15 mars 2026.

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Rosa Tandjaoui.

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