Concierto de Jim Hall, ou les cinquante ans d’un album de jazz de chambre subtil !

Concierto de Jim Hall, ou les cinquante ans d’un album de jazz de chambre subtil !

Hakim Aoudia - Publié le

Temps de lecture : 3 minutes

En 1975, le guitariste de jazz américain Jim Hall publiait Concierto, un sommet d’équilibre entre sobriété, discrétion et ambition orchestrale. Entouré par des musiciens de légende — Chet Baker, Paul Desmond, Ron Carter, Roland Hanna, Steve Gadd — et soutenu par les arrangements soignés de Don Sebesky, Hall transforme le classique pour guitare et orchestre « Concierto de Aranjuez » de Joaquín Rodrigo en une longue méditation jazz de près de vingt minutes, tout en alternant reprises et compositions plus légères. Cinquante ans plus tard, l’album demeure un classique, ainsi qu’une leçon de nuance, d’interplay et d’élégance. Concierto de Jim Hall, ou les cinquante ans d’un album de jazz de chambre subtil, en vinyle de préférence !

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Jim Hall : le guitariste de « l’espace entre les notes »

Dès ses débuts, Jim Hall (1930-2013) s’est imposé non par la virtuosité flamboyante, mais par le goût de « l’espace » — ces silences, ces respirations qui donnent toute sa substance à la musique. Son approche, éloignée du solo spectaculaire, repose sur l’écoute, le contrepoint, la nuance ; il sait s’effacer pour mieux mettre en valeur le dialogue, les textures, la coloration — qualités qui font de lui un leader capable de donner une force singulière à ses projets, mais aussi un accompagnateur recherché — notamment auprès de Bill Evans, Paul Desmond, Lee Konitz ou Art Farmer.

You’d Be So Nice To Come Home To · Jim Hall. (Concierto de Jim Hall, ou les cinquante ans d’un album de jazz de chambre subtil, en vinyle de préférence !).

Si beaucoup de sessions le voient en duo ou en sideman, Jim Hall n’a jamais hésité à diriger des formations plus ambitieuses : dans ces contextes, il conserve sa signature — économie de notes, sens de l’harmonie, doigté subtil — mais avec un langage plus large, capable de s’adapter à des arrangements écrits, à des ensembles diversifiés. C’est dans cette optique qu’il rejoint le label CTI Records en 1975, et qu’il signe Concierto, sans doute le point d’équilibre parfait entre sa sensibilité intimiste et une ambition plus orchestrale.

The Answer Is Yes · Jim Hall. (Concierto de Jim Hall, ou les cinquante ans d’un album de jazz de chambre subtil, en vinyle de préférence !).

Concierto (1975) : un album de jazz de chambre

Enregistré les 16 et 23 avril 1975 au mythique Van Gelder Studio (Englewood Cliffs, NJ), et produit par le légendaire producteur Creed Taylor, Concierto rassemble un sextet d’exception : Chet Baker à la trompette, Paul Desmond au saxophone alto, Roland Hanna au piano, Ron Carter à la contrebasse, Steve Gadd à la batterie, et bien sûr Jim Hall à la guitare — avec des arrangements signés Don Sebesky.

Concierto De Aranjuez · Jim Hall. (Concierto de Jim Hall, ou les cinquante ans d’un album de jazz de chambre subtil, en vinyle de préférence !).

La structure de l’album reflète la dualité entre l’intime et l’ambitieux : trois titres plutôt « jazz standard / blues / ballade » (dont un morceau original de Hall) suivis de l’interprétation magistrale du Concierto de Aranjuez de Joaquín Rodrigo — un morceau de près de 20 minutes, sorte de méditation jazz où la guitare électrique ou acoustique de Hall entame le thème, rejoints par les cuivres, le saxophone, le piano, la rythmique : l’ensemble évoluant sans surlignage excessif, dans un climat feutré, presque chambriste.

Les arrangements de Don Sebesky excellent dans leur art de souligner l’espace et la respiration — pas d’orchestre massif, pas de surcharge — mais une clarté, une profondeur d’écoute, un raffinement qui permet à chaque musicien d’exprimer sa voix sans empiéter sur les autres.

Le vinyle, une culture

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Bien plus qu’un simple objet, il séduit de plus en plus, néophytes et passionnées, par la qualité de ses pochettes, sa fidélité sonore et la richesse du son.

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Bien choisir sa platine

Support privilégié pour apprécier cette qualité de son si particulière, le disque vinyle nécessite de s’équiper en conséquence.

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Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne écoute.

Hakim Aoudia.

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