No Land’s Song de Ayat Najafi, ou le film du pays des femmes sans voix !

No Land’s Song de Ayat Najafi, ou le film du pays des femmes sans voix !

Mag Centre - Publié le

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Comme le dit le mollah interviewé dans le film, le chant des femmes a le pouvoir de nous émouvoir au plus profond de nous-mêmes, alors quelle curieuse idée d’interdire ce que Dieu nous donne de plus beau à écouter. Et tout ce film docu-fiction interroge sur l’étrange non-sens affublé de théologie fumeuse, qui consiste à imposer à toute une société des interdits dont on peine à comprendre le sens intrinsèquement divin, hormis un mépris des femmes et un asservissement, qui va jusqu’à leur interdire de parler à des “non-intimes”. No Land’s Song de Ayat Najafi, avec Sara Najafi, Parvin Namazi et Sayeh Sodeyfi, ou le film du pays des femmes sans voix !

Mais heureusement, elles chantent !

Et le film nous réserve des moments de chant justement divins, avec ce récit documentaire d’un échange musical entre la France et l’Iran. Ainsi, pour essayer de contourner l’interdit fait aux femmes de chanter en soliste en Iran, une jeune compositrice, Sara Najafi (son frère Ayat Najafi est le réalisateur du film) va inviter deux chanteuses françaises Jeanne Cherhal (que l’on a pu entendre il y a dix jours à Saint Jean de la Ruelle), Élise Caron et la jeune tunisienne Emel Mathlouthi à se joindre à des chanteuses iraniennes pour organiser un concert à Téhéran, espérant profiter de la défaite électorale des ultra-conservateurs pour soulever un petit coin de la chape de plomb qui écrase les femmes d’Iran depuis 1979. Le projet prend forme et tandis que nos artistes répètent, notre organisatrice rencontre les autorités et enregistre sur un dictaphone caché, ces discussions, restituées sans image, d’une bureaucratie sans visage qui tergiverse dans un verbiage entre Kafka et Tartuffe.

No Land’s Song de Ayat Najafi, avec Sara Najafi, Parvin Namazi et Sayeh Sodeyfi, ou le film du pays des femmes sans voix !

Le concert aura-t-il lieu ?

Allez donc voir ce film, qui nous montre que malgré la dévastation des lieux de spectacle de Téhéran, des femmes continuent de chanter et la tradition de nourrir la création musicale, malgré la répression. Des voix magnifiques qui nous font frémir, avec cette pépite à la fin du film, la chanson du printemps tunisien Kelmti Horra (“Ma parole est libre”) interprétée par Emel Mathlouthi, véritable Joan Baez arabe !

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Par Gérard Poitou. MagCentre.

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