J’ai vu naître le monstre, Twitter X va-t-il tuer la #démocratie ? : un livre de Samuel Laurent !

J’ai vu naître le monstre, Twitter X va-t-il tuer la #démocratie ? : un livre de Samuel Laurent !

Mag Centre - Publié le

Temps de lecture : 3 minutes

Il n’est pas si courant qu’un journaliste se livre à une confession, sur un mode personnel, sur son métier, surtout pour y révéler une addiction dévastatrice qui le conduira à démissionner de sa situation enviable au journal Le Monde. C’est l’exercice que nous propose Samuel Laurent dans son livre. J’ai vu naître le monstre, Twitter X va-t-il tuer la #démocratie ? aux Éditions Les Arènes : un livre de Samuel Laurent !

Le phénomène Twitter X

Non, ce n’est ni l’alcoolisme mondain, ni la cocaïne des milieux branchés, qui vont laminer Samuel Laurent, mais, c’est bien l’usage immodéré de Twitter X qui va conduire le journaliste à sa perte. Pas moins de 120.000 tweets plus tard, à raison d’une moyenne de 40 tweets par jour et nuit (même sous la douche, avoue-t-il), durant les 13 ans que vont durer cette addiction forcenée. Entre témoignage autobiographique et chronique médiatique, le livre de Samuel Laurent démonte, de l’intérieur, le phénomène Twitter X et sa connexion avec les réseaux, notamment Facebook. Car, Samuel Laurent est un journaliste inscrit dans l’histoire du web de ces dix dernières années, d’abord comme web journaliste pour lefigaro.fr, avant de mettre sur pied la rubrique des Décodeurs pour lemonde.fr, spécialisée dans la traque des fake news et autres sites plus ou moins conspirationnistes.

J’ai vu naître le monstre, Twitter X va-t-il tuer la #démocratie ? aux Éditions Les Arènes : un livre de Samuel Laurent !

Influenceur du microcosme autoproclamé

Twitter X est pour ce spécialiste du web, d’abord une sorte de club branché où l’on peut plaisanter dans un entre soi plus ou moins intello, à coup de messages lapidaires de 120 caractères (puis 280), les “milieux autorisés” dont se moquait il y a fort longtemps Coluche. Mais, très tôt, le réseau instaure des indices de compétition, comme son concurrent Facebook, sous la forme des “likes” et des “retweets” qui propulsent un message au rang de “viral”, avec en plus la colonne de droite du site indiquant les meilleurs performances des messages, sorte de Graal pour qui veut exister comme influenceur du microcosme autoproclamé.

Le lieu de l’indignation programmée

De la plaisanterie plus ou moins méchante, Twitter X va devenir, très vite, le lieu de l’indignation programmée dans ce paradoxe illustré par Samuel Laurent, où la dénonciation fait la promotion de l’objet dénoncé. Combien de révélateurs #metoo pour le nombre de provocations à la haine en tout genre, relayées par des tweets outragés, colporteurs involontaires des propos dénoncés ? Car, comme le souligne Samuel Laurent, le tweet n’est pas une pensée développée, mais un jugement moral : l’expiation plutôt que l’explication. Et malheur au déviant qui osera citer Brassens à propos d’un clip, dont la violence à l’égard de la police suscite des tombereaux de tweets haineux scandalisés (lui garantissant ainsi un record de visionnements), Samuel Laurent connaîtra le prix du lynchage twitterisé sous un flot d’insultes et de menaces physiques, pour finalement quitter Twitter X et son job au bord du burn-out.

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Le rôle de Twitter X dans le trumpisme

Au-delà de son histoire personnelle, Samuel Laurent interroge dans ce livre, le métier de journaliste à l’heure des réseaux sociaux, en nous rappelant quelques faits saillants de ces dix dernières années de croissance exponentielle de Facebook et de Twitter X, notamment à propos de la crise des Gilets Jaunes, dont il souligne l’étrange faille dans l’usage des deux réseaux, moteur de la contestation pour l’un et lieu de dénigrement pour l’autre.

On lira, in fine, avec intérêt le rôle de Twitter X dans le trumpisme triomphant, avec cette ultime question : l’interdiction d’accès à Twitter X infligée à l’ex-président américain sert-elle la démocratie, ou n’en est-elle que la parodie ?

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Par Gérard Poitou. MagCentre.

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