Synonymes de Nadav Lapid, ou le film de l’audace récompensée !

Synonymes de Nadav Lapid, ou le film de l’audace récompensée !

Mag Centre - Publié le

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Première avant-première ce mardi soir aux cinéma des Carmes d’Orléans avec le film “Synonymes” du réalisateur israélien Nadav Lapid, venu en personne présenter ce film récompensé de l’Ours d’Or du dernier festival de Berlin. Premier prix majeur dans un festival international pour un film israélien (avec une forte co-production franco-allemande), fierté nationale en Israël dans une espèce de malentendu, puisque le résumé du film présente son héros fuyant à Paris un pays qu’il déteste: Israël ! Synonymes de Nadav Lapid, avec Tom Mercier, Louise Chevillotte et Quentin Dolmaire, ou le film de l’audace récompensée !

Une identité rompue par le rejet d’une nation

Mais comme l’indique le réalisateur Nadav Lapid, Yoav, personnage autobiographique interprété par un acteur étonnamment décalé (Tom Mercier, premier rôle au cinéma, qui porte le film), ne se définit pas tant par ce qu’il aime ou ce qu’il hait, mais par ce qu’il est, dans cette dérive parisienne d’un jeune adulte en quête d’une identité rompue par le rejet d’une nation, pour laquelle il vient de donner trois ans et demi de sa jeunesse pour un service militaire “sans état d’âme, entre mourir ou tuer“, comme il le dit.

Synonymes de Nadav Lapid, avec Tom Mercier, Louise Chevillotte et Quentin Dolmaire, ou le film de l’audace récompensée !

Un retour à une forme symbolique du cinéma

Son errance nous est restituée par une mise en scène à l’image du trouble de notre personnage : déambulation filmée sous forme de “gopro” virevoltante, sauts dans le scenario laissant situations et rencontres inexpliquées, cadrages souvent surprenants…

Ce détachement du réel fictionnel est plutôt réussi et ouvre un retour à une forme symbolique du cinéma, qui n’est pas sans rappeler les Buñuel ou Bergman de notre jeunesse, qui offraient des interprétations infinies des images, comme cette séquence d’ouverture qui nimbe la nudité du héros d’une métaphore de la renaissance et de l’innocence.

Un film exigeant et dérangeant

Et puis, comme des poupées russes, les trames de lecture narratives s’enchevêtrent avec cette obsession de la langue accessoirisé par cet indispensable dictionnaire, source de ces synonymes innombrables pour qualifier son pays honni, ou cette étrange leçon de civisme à la française, avec cette séquence d’une ironie surréaliste, vécue par le réalisateur, montrant une formatrice (Léa Drucker) dispensant des cours de civisme pour immigrés souhaitant adopter la nationalité française et leur expliquant le symbolisme du coq…

Un film exigeant et dérangeant, mais qui récompense le spectateur par son récit puissant.

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Par Gérard Poitou. MagCentre.

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