Suzanna Andler de Benoît Jacquot, ou le film de l’adaptation fidèle d’une pièce de théâtre de Marguerite Duras !

Suzanna Andler de Benoît Jacquot, ou le film de l’adaptation fidèle d’une pièce de théâtre de Marguerite Duras !

Mag Centre - Publié le

Temps de lecture : 2 minutes

Benoît Jacquot a (enfin) tourné Suzanna Andler, une pièce de théâtre écrite par Marguerite Duras avant 1968, et qu’elle lui avait confiée. Il en a fait un film habité qui respecte l’écrivaine et en même temps construit une œuvre nouvelle. Elle nous entraine dans le monde de Marguerite, tout en témoignant de l’art du cinéaste. Envoûtant ! Suzanna Andler de Benoît Jacquot, avec Charlotte Gainsbourg, Niels Schneider et Nathan Willcocks, ou le film de l’adaptation fidèle d’une pièce de théâtre de Marguerite Duras !

Marguerite Duras !

C’est d’abord une voix, des mots, des mots simples, souvent répétés, des mots qui s’alignent sur un rythme bien particulier, pour faire entendre une petite chanson reconnaissable entre toutes. Ces mots tournent sur des axes récurrents dans son œuvre : l’amour, la passion, la perte, le désir et la mort. Et pour tenter de décrire les rapports humains, ils analysent, décrivent le faux ou disent le vrai.

D’elle, Benoît Jacquot a retenu évidemment le texte

Lui qui la connaissait si bien, il a installé ces dialogues écrits pour le théâtre dans un écrin à l’image de l’écrivaine, et cet écrin, c’est le cinéma. Avec toutes ses possibilités. Un lieu d’abord, thème durassien s’il en est, une magnifique villa sur la côte d’azur, une pièce qui s’ouvre sur une immense terrasse avec un parapet en pierre et derrière, ou devant : la mer. L’intérieur, l’extérieur, le proche et le lointain, mais tout en un. Ce lieu, c’est aussi les éléments du décor, les quelques objets, le canapé, les tableaux, l’espace entre les choses, qui va amener l’espace entre les gens.

Suzanna Andler de Benoît Jacquot, avec Charlotte Gainsbourg, Niels Schneider et Nathan Willcocks, ou le film de l’adaptation fidèle d’une pièce de théâtre de Marguerite Duras !

Des interprètes, ensuite

Charlotte Gainsbourg s’inscrit, d’emblée, dans la lignée des actrices durassiennes, Delphine Seyrig, Bulle Ogier, ces actrices qui savent montrer leur profondeur sans jouer, dire le complexe par la simplicité. Niels Schneider, son partenaire masculin, porte également son personnage à un très haut niveau.

Et ensuite une incroyable technique cinématographique

Les mouvements qui enveloppent les personnages, les gros plans qui traquent les visages, des rapprochements progressifs et répétitifs, des retours de mêmes cadrages, des flous dans la lumière ou dans l’ombre, des zooms qui vont jusqu’à tuer ! Chaque image est construite, chaque plan calculé. À la rigueur du décor, s’ajoute la rigueur du cadrage, pour construire la mélodie de cette chanson qui n’est pas celle de Duras, mais de Benoit Jacquot lisant, jouant, vivant Duras. Grande émotion !

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Par Bernard Cassat. MagCentre.

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