Marchez sur l’eau, au château de Chenonceau ! 
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Marchez sur l’eau, au château de Chenonceau ! 

Hakim Aoudia - Publié le

Temps de lecture : 5 minutes

Demeure des plus grandes dames de France, le château de Chenonceau enjambe le Cher avec élégance. Joyau du patrimoine français, il compte parmi les plus majestueux châteaux de la Loire. 

Genèse du lieu 

Le domaine de Chenonceau est situé en Touraine. À 34 km de Tours et 42 de Blois, il occupe une position stratégique sur le Cher, près de la Sologne, du Berry et de l’Anjou. 

Son existence est attestée dès le XIe siècle. En 1230, les propriétaires des lieux ; la famille Marques, y édifient un petit château et un moulin. 

Malheureusement, en 1411, il est rasé et brûlé, en pleine guerre de Cent Ans

En 1432, Jean II Marques le reconstruit. Il n’en demeure aujourd’hui que le donjon cylindrique. 

Finalement, à la suite des difficultés financières de la famille Marques, Thomas Bohier rachète le domaine. Le secrétaire des finances du roi Louis XII en prend possession, le 10 février 1512. 

Le château des dames

Surnommé le château des Dames, son histoire a été marquée par celle de cinq femmes.

Ces femmes de pouvoir, grandes séductrices, l’ont, tour à tour, édifié, embelli, protégé, restauré et même sauvé.

Katherine Briçonnet

Katherine Briçonnet, crédit photo

En 1513, Thomas Bohier abat la forteresse médiévale et lance les travaux d’édification d’un château, dans la plus pure tradition de la Renaissance française. Homme de pouvoir et d’influence, il devient même lieutenant-général du roi et trésorier général des guerres en Italie.  

Dès lors et face à ses absences répétées, son épouse Katherine Briçonnet dirige le chantier. Elle devient la véritable architecte du château. 

En effet, au lieu de le construire au bord du Cher, elle a l’idée de l’élever par-dessus la rivière, sur les fondations de l’ancien moulin. 

Malheureusement, le couple ne profite pas de sa nouvelle demeure. Elle décède en 1526, deux ans après son époux. 

Antoine II Bohier hérite de la propriété de ses parents, mais il est loin de se douter des détournements de fonds opérés par son père.  

François 1er, qui vient d’ordonner un contrôle des comptes publics, lui impose une forte amende. Ainsi, en 1535, la couronne de France récupère Chenonceau. 

Diane de Poitiers 

Diane de Poitiers. Crédit photo.

François 1er préférant Chambord et Fontainebleau, Chenonceau reste en l’état jusqu’à sa mort, en 1547. 

L’avènement d’Henri II change la donne. Ce dernier est marié à Catherine de Médicis, mais son cœur est voué à sa confidente Diane de Poitiers, depuis l’âge de 15 ans. De sorte qu’il offre le domaine à sa favorite, de 20 ans son ainée. 

Diane veut immédiatement marquer sa présence dans les lieux. Elle entreprend d’aménager le jardin qui porte son nom et fait construire un pont, qui enjambe le Cher. Sportive, montant à cheval, ce pont lui permet d’étendre son domaine et d’aller chasser sur l’autre rive. 

Catherine de Médicis

Portrait de Catherine de Médicis. Germain Le Mannier. Domaine public.

En 1559, Henri II participe à un tournoi à Paris, dont il ressort mortellement blessé. 

Catherine de Médicis récupère Chenonceau. Celle-ci n’a que peu d’estime pour Diane de Potiers, qu’elle qualifie de catin. Néanmoins, elle consent à lui donner en échange le château de Chaumont-Sur-Loire. 

Au printemps 1560, elle y organise de grandes festivités. C’est ainsi qu’elle met à l’honneur le jeune couple royal formé par son fils François II et son épouse, Marie Stuart. De plus, elle y met en scène le premier feu d’artifice tiré en France. 

Lorsque François II décède, quelques mois plus tard, elle est déclarée régente, car le futur roi de France, Charles IX n’a que 10 ans. 

Désormais reine de France, Catherine de Médicis décide d’embellir son domaine. Ainsi, elle habille le pont du château de Chenonceau de trois galeries, sur le modèle du Ponte Vecchio de Florence et crée son propre jardin. 

En 1574, à la mort de Charles IX lui succède son frère Henri III. Ce dernier épouse, l’année suivante, Louise de Lorraine. 

Louise de Lorraine

Louise de Lorraine-Vaudémont, reine de France par Jean Rabel. Domaine public.

1589 est une année noire. Catherine de Médicis décède en janvier, tandis que le prêtre fanatique Jacques Clément assassine Henri III en août. 

Louise de Lorraine hérite du château de Chenonceau de son mari. 

Comme elle est profondément blessée par l’assassinat de son époux, elle fait de Chenonceau un lieu de recueillement et de deuil. 

Ainsi, le château vivra dans cette atmosphère pieuse et funèbre pendant plus d’un siècle. 

Finalement, à la mort de Louise, en 1601, il est transmis à l’une de ses nièces, qui se chargera de le transmettre à ses descendants. 

Madame Dupin

Louise Dupin. © (Document château de Chenonceau)

En 1733, le financier Claude Dupin rachète le domaine au duc de Bourbon. 

Louise, son épouse, qui aime à recevoir les grands esprits de son temps, en fait un haut lieu de culture et de savoir. Elle y reçoit ainsi régulièrement : Voltaire, Marivaux, Buffon, Montesquieu et d’Alembert. De plus, Jean-Jacques Rousseau sera son secrétaire particulier et le précepteur de son fils. 

De plus, à la Révolution française, elle sauve le château d’un trait d’esprit : « Eh quoi citoyens ! Ne savez-vous pas que Chenonceau est un pont ? Vous n’avez qu’un seul pont entre Montrichard et Bléré et vous parlez de le démolir ! Vous êtes les ennemis du bien public ! » 

À l’époque moderne

Le château de Chenonceau. Crédit photo.

En 1913, le famille Menier, qui a fait fortune dans le chocolat, rachète le château de Chenonceau. 

Pendant la Première Guerre mondiale, il est transformé en hôpital militaire, jusqu’en 1919. 

Durant la Seconde Guerre mondiale, il est littéralement coupé en deux : une partie en zone occupée par les Allemands, l’autre en zone libre. 

Après de grands travaux de rénovation en 2010, c’est Laure Menier qui en assure aujourd’hui la gestion. Comme si les dames de Chenonceau continuaient à veiller sur lui ! 

Rosa Tandjaoui. 

Notre note
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Au fil du temps : Le Château de Chenonceau

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