Le Château d’Angers : forteresse de Saint-Louis !
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Le Château d’Angers : forteresse de Saint-Louis !

Hakim Aoudia - Publié le

Temps de lecture : 6 minutes

Érigée par Blanche de Castille et Saint-Louis au XIIIe siècle, sur un promontoire rocheux dominant le Maine, l’histoire du château d’Angers s’étend du néolithique à nos jours. Véritable emblème de la ville, cette forteresse renferme l’un des chefs-d’œuvre de l’art médiéval : la tenture de l’Apocalypse.

Une situation géographique

Le château d’Angers est édifié sur la partie occidentale d’un promontoire rocheux qui domine La Maine de près de 47 m, à l’endroit où son cours se rétrécit.

Ainsi, cet emplacement stratégique permet une surveillance plus aisée des alentours et une défense facilitée du site.

Une occupation très ancienne

La première occupation de ce promontoire est attestée dès le néolithique. En effet, des fouilles archéologiques menées dans les années 1990 ont mis à jour les vestiges d’un cairn marquant la présence de cinq chambres funéraires datant du Ve millénaire avant notre ère.

Ces mêmes fouilles ont également mis en évidence une implantation gauloise, dès la seconde moitié du Ier siècle avant J. C.. Ainsi, le peuple celte des Andécaves, qui donnera son nom à Angers, y construit une première fortification : un oppidum.

Autour du Ier siècle de notre ère, la ville est conquise par les Romains, qui la nomment Juliomagus (le marché de Jules), mettant en exergue sa vocation commerciale. Ils y édifient un temple et dès le IIIe siècle entourent le promontoire d’une enceinte, pour défendre la ville.

Un palais comtal

Vestige de la façade de la grande salle comtale du château d’Angers. Copyright Wikipédia.

À la fin de l’empire romain, notamment avec la conversion de l’Empereur Constantin au christianisme, l’Église est de plus en plus favorisée par toutes sortes de privilèges. Dès lors et avec la chute de ce dernier, l’évêque devient le prince de la cité et Angers n’échappe pas à la règle.

Cependant, faisant face aux incessantes attaques bretonnes et normandes, la ville doit assurer sa protection. Ainsi, en 851 et sous l’égide de Charles le Chauve, un échange de terrain intervient entre l’évêque d’Angers et le comte d’Anjou. En effet, le rôle de ce dernier est devenu prépondérant pour assurer la protection de la cité et son installation au cœur de la ville marque le déclin du religieux face au politique. Il signe également l’acte de naissance du château d’Angers, puisqu’un palais comtal est édifié du IXe au XIIe siècle dans la partie sud-ouest de la cité.

Rattachement au domaine royal

Cadre privilégié du conflit opposant Capétiens et Plantagenets, que certains historiens appelèrent la première guerre de Cent Ans, le château d’Angers est finalement repris par le roi Philippe Auguste en 1203, qui le fait revenir dans le giron capétien et le rattache au domaine royal.

La forteresse de Saint-Louis

Louis IX (1215-1270) dit Saint-Louis, roi de France. Copyright Wikipédia.

Sous la régence de la reine mère Blanche de Castille et dès 1230, le jeune roi Louis IX, dit Saint-Louis, décide de faire d’Angers une place forte, notamment pour se protéger des attaques du duché de Bretagne.

Ainsi, il y fait édifier une enceinte renforcée par 17 tours de 11 à 13 m de diamètre, éloignées les unes des autres d’environ 13 m et surmontées de toits en poivrière.

Pour donner à l’ensemble un semblant de puissance, la construction alterne le schiste ardoisier de couleur sombre avec des bandes de grès beaucoup plus claires.

Chaque tour est percée de deux ou trois ouvertures verticales appelées archères et permettant le tir à l’arc ou à l’arbalète sur les éventuels assaillants.

La plus ancienne herse de France

La Porte des champs, au sud-est du château d’Angers, est équipée d’une herse en bois de la fin du XIVe siècle, ce qui en fait à ce jour la herse la plus ancienne datée de France.. © Ouest-France.

Enfin, l’enceinte comporte une Porte de ville au nord-est et une Porte des champs au sud-est. Cette dernière est équipée d’une herse en bois de la fin du XIVe siècle, ce qui en fait à ce jour la herse la plus ancienne datée de France.

Sous l’autorité des ducs d’Anjou

En 1360, l’Anjou est érigé en duché et Louis Ier d’Anjou lance la restauration du château d’Angers. Ainsi, le palais comtal est agrandi ; sa grande salle percée d’immenses fenêtres à meneaux et pourvue d’une cheminée. Dans la foulée, des logements sont également construits à l’endroit de l’actuelle galerie de l’Apocalypse.

Au début du XVe siècle, Louis II et son épouse Yolande d’Aragon poursuivent les constructions, avec l’aménagement d’un escalier d’honneur dans la salle comtale et l’édification d’une chapelle à l’angle de la cour seigneuriale.

À partir de 1434, René d’Anjou, dit le bon roi René, poursuit l’œuvre de ses prédécesseurs en faisant bâtir le logis royal au nord, ainsi que le châtelet et l’aile des offices à l’est.

Le Bon Roi René, Duc d’Anjou, Comte de Provence (1409-1480). Domaine public.

Un changement de fonction

En 1480, à la mort du roi René, sans héritiers directs, son neveu Louis XI en profite pour annexer l’Anjou à la couronne. Ainsi, la fonction défensive du château d’Angers reprend le dessus ; matérialisée par la nomination d’un gouverneur militaire qui réside dans le logis jouxtant la porte des champs.

Reconstitution du château d’Angers à l’époque médiévale par le graphiste Thomas Sauvage, avant sa transformation en profondeur pour des questions de défense. Copyright Thomas Sauvage.

Dès lors, le système de défense du château est transformé en profondeur. En effet et dès la fin du XVIe siècle, Henri III fait enlever les toits de tours et crée des plateformes permettant la disposition de canons, ainsi que la circulation de soldats.

Enfin, les fines archères des tours sont remplacées par de larges canonnières.

Un château prison

Le château d’Angers sert également de prison :

  • Au XVe siècle, Louis XI y enferme ses opposants dans une cage en bois avec visserie et plaques de fer.
  • Sous Louis XIV, Nicolas Fouquet, qui vient de terminer l’édification du château de Vaux-le-Vicomte est arrêté à Nantes en 1661. Il est enfermé au premier étage du logis du Gouverneur du château d’Angers.
  • Sous le règne de Louis XVI, des marins anglais engagés dans la guerre d’indépendance des États-Unis y sont également emprisonnés.
  • À la Révolution française, cette fonction est étendue aux exécutions par guillotine ou par fusillade.
  • En 1856, le château perd sa fonction carcérale avec la création d’une nouvelle prison encore en activité aujourd’hui.
Espace d’enfermement du château d’Angers. Copyright Jean-Pierre Delagarde Centre des monuments nationaux.

Les jardins

Le roi René est un véritable passionné de botanique et de viticulture. Ainsi, il acclimate en Anjou le muscat, la rose de Provins, le micocoulier, le mûrier, l’abricotier et les anémones.

Dans cet esprit, trois espaces distincts sont aménagés :

  • Sur le haut des courtines nord, à l’emplacement des terrasses d’artillerie, on retrouve des jardins suspendus. Ils sont disposés sur le modèle des jardins médiévaux et attestent de la diversité des plantes au Moyen Âge.
  • Dans la cour, des jardins réguliers sont créés par l’architecte Bernard Vitry en 1949. Ils sont composés de carrés de pelouse surmontés en leur centre d’ifs et ceint de banquettes de buis.
  • Enfin, les fossés du château d’Angers, autrefois réservés à la ménagerie du roi René, ont été transformés en un jardin à l’anglaise.
Jardin régulier du château d’Angers. Copyright C. Rose/CMN.

La tenture de l’Apocalypse

Véritable clou du spectacle, vous pourrez également admirer la tenture de l’Apocalypse.

Cette tapisserie fut commandée par Louis Ier d’Anjou, vers 1375 et utilisée comme décor lors du mariage de Louis II et Yolande d’Aragon en 1400.

Bien plus qu’une simple illustration du dernier texte du Nouveau Testament, écrit par Saint-Jean au Ier siècle de notre ère, elle atteste du contexte historique, social et politique de la France du XIVe siècle, et notamment de la guerre de Cent Ans, qui se manifeste dans diverses scènes.

Mesurant plus de 140 m de long sur 6 m de haut lors de sa création, elle s’étend actuellement sur 103 m de long et 4,5 m de haut ; restant la plus ancienne tapisserie de cette dimension connue au monde.

La tenture de l’Apocalypse. Copyright Wikipédia.

À découvrir en famille

La visite du château d’Angers convient parfaitement aux enfants à partir de 5 ans. C’est à une véritable journée en plein Moyen Âge à laquelle nous sommes conviés.

De plus, cette visite peut tout à fait s’inscrire dans le prolongement du programme d’histoire de l’Éducation nationale. En effet, le Moyen Âge (époque médiévale) est étudié en 5e et en seconde.

Un lieu magique, plein de surprises et de découvertes, à découvrir toutes séance tenante.

Rosa Tandjaoui.

Notre note
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À la découverte du château d’Angers !

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