Quand je serai grande… tu seras une femme, ma fille, au Théâtre Essaïon !
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Quand je serai grande… tu seras une femme, ma fille, au Théâtre Essaïon !

Hakim Aoudia - Publié le

Temps de lecture : 2 minutes

Quand je serai grande à l’Essaïon Théâtre : Catherine Hauseux, drôle, sincère et vraie. Elle porte la parole de quatre femmes, quatre générations, quatre points de vie. Un spectacle touchant, tendre, à voir de 11 à 99 ans.

Par Guillaume d’Azemar de Fabregues

Sur la scène, un tas de linge, deux chaises, sur le dos desquelles un pull, un manteau, rouges. Derrière un voile, une table, le piétement en fer forgé. Une femme se maquille. L’autre jour, je faisais mes courses au supermarché, et il y avait un concours de pronostic…

C’est Isabelle, et le concours de pronostic pour un championnat de foot proposait deux bulletins, bleu pour les garçons, qui peuvent gagner un écran 4K, rose pour les filles, pour une machine à laver.

Quand je serai grande… tu seras une femme, ma fille – Théâtre Essaïon.

Isabelle, Françoise, Maeva, Henriette

Quatre femmes, quatre générations. Catherine Hauseux les a rencontrées, elle vient porter leur parole, leurs histoires. Une histoire de femmes, elles ont des pères, des mères, des maris, des fils, des filles, plus ou moins nombreux. Elles étudient. Certificat d’études, BEPC, Bac, chaque génération va plus loin. Elles travaillent. Occupation, complément, liberté, libertés. On les regarde, elles prenaient la place d’un homme, elles prennent leur place.

Elles n’ignorent pas la place de leurs aînées, leur pouvoir invisible, celui que les Russes décrivent d’un l’homme est la tête, la femme est le cou. Elles savent qu’ailleurs dans le monde, on tue les filles à la naissance, voire avant, là où élever une fille, c’est arroser le jardin de son voisin.

Elles nous racontent en pratique l’histoire de l’avortement, les aiguilles, les voyages en Angleterre, la loi Veil, la mettent en parallèle de la taille des familles, on a évolué depuis le retrait et le lavement, et les familles se recomposent.

Quatre femmes qui viennent, chacune après l’autre, habiter Catherine Hauseux, elle leur donne vie, les incarne avec talent. Isabelle, Françoise, Maeva, Henriette, elles ont chacune leur caractère, toujours bien senti, leur origine, leur milieu. Elles ont leur âge, une vie devant, ou derrière.

Quand je serai grande… tu seras une femme, ma fille – Théâtre Essaïon.

On s’attache à chacune,

plus ou moins en fonction de son caractère. Petit à petit, on ressent les lignes de force. Éducation, travail, liberté. Sororité, cette solidarité qui transcende les générations, qui préserve aussi des valeurs obsolètes. Avec elles, on en vient à souhaiter l’inutilité du féminisme, la disparition des parités, quand l’égalité et la liberté seront les règles. On retrouve la conscience de l’histoire, la façon dont le vingtième siècle a ouvert les libertés, le travail qui reste à faire pour qu’elles soient universelles.

Catherine Hauseux a écrit un texte drôle, vrai, sincère. Elle le défend avec douceur et affection. On sent, on partage sa tendresse envers ces quatre femmes. On sort touché, on poursuit la réflexion. A voir dès l’adolescence, garçon ou fille, et jusqu’à un certain âge, pour savoir, pour sourire, pour se souvenir. Pour entrevoir le monde où égalité et liberté seront les règles.

Quand je serai grande… tu seras une femme, ma fille – Théâtre Essaïon.

On sort, bouclant la boucle du siècle écoulé, en recevant une adaptation au féminin de SI, le poème de Rudyard Kipling dans sa version française par Paul Éluard. Tu seras une femme, ma fille.

Notre note
Jet Tours

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