Fin de partie au Théâtre de l’Atelier, puis en tournée !
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Fin de partie au Théâtre de l’Atelier, puis en tournée !

Paris

Hakim Aoudia - Publié le

Temps de lecture : 2 minutes

Avec Fin de Partie au Théâtre de l’Atelier, Jacques Osinski propose une belle vision d’une des meilleures pièces du théâtre de l’absurde. Denis Lavant et Frédéric Leidgens, tous deux excellents, savent souligner l’humour sous-jacent à ce texte post apocalyptique. À ne pas rater.

Par Guillaume d’Azemar de Fabregues

Le rideau métallique est baissé, sa couleur rouille déjà dans l’ambiance. Il se lève, dans un grondement. Trois murs gris vert, deux fenêtres, une porte. Deux fûts, en fond de scène. Au centre de la scène, un fauteuil, couvert d’un drap. Voilà Clov, un escabeau, une débauche de mouvements inutiles, il ouvre les rideaux. Découvre le fauteuil. Hamm est là. Fini. C’est fini. Ça va finir. Ça va peut-être finir. A moi de jouer.

Teaser – FIN DE PARTIE au Théâtre de l’Atelier.

Écrite en pleine guerre froide,

Fin de Partie se déroule dans un monde post apocalyptique, il n’y a plus de vie. Hamm, aveugle et paraplégique règne sur Clov, son serviteur esclave handicapé, sur ses parents, amputés des jambes et posés dans des fûts. Hamm parle, joue avec les hommes, avec les mots, jusqu’à la fin de la journée. Dans une absurde répétition sans fin, il cherche un sens à son existence. Les personnages se décomposent, mentalement, physiquement, dans un monde où la vie s’est effondrée. Jusqu’à la fin de la journée, si la fin est le commencement, est-ce qu’elle continue ?

Fin de partie, grande pièce de Samuel Beckett, mise en scène par Jacques Osinski, s’installe à Paris, dans le prestigieux théâtre de l’Atelier. Crédit photos © Pierre Grosbois.

J’ai un rapport particulier avec Fin de Partie.

A chaque représentation, je vois un vieux flipper au monnayeur cassé, dans un bar déjà suranné en 1975, une lumière faible, jaune. Nell et Nagg sont les cibles, Hamm le champignon central, Clov la bille qu’on peut jouer et rejouer, same player shoot again, jusqu’à ce que l’ampoule claque.

La mise en scène de Jacques Osinski donne à Denis Lavant, Clov hypnotique et à Frédéric Leidgens, Hamm glaçant, le temps d’installer le sentiment du temps qui passe, de sentir l’absurdité de la recherche du sens de l’existence dans un monde qui s’est effondré. La salle suit, se laisse emporter, sait prendre la distance nécessaire, apprécier l’humour qui sourd derrière l’absurde.

Fin de partie est une des meilleures pièces du théâtre de l’absurde.

Jacques Osinski emmène Denis Lavant et Frédéric Leidgens dans une interprétation de grande qualité.

« Un petit classique ? » Fin de Partie interview de Jacques Osinski.

Si vous n’avez jamais vu Fin de Partie, c’est une belle occasion de découvrir le texte post apocalyptique de Samuel Beckett, de le confronter à la dégradation d’un monde en crises sociales, sanitaires, climatiques, géo-politiques… Si vous connaissez le texte, vous savourerez le jeu de Hamm et Clov, vous apprécierez la façon dont Jacques Osinski offre à Denis Lavant et Frédéric Leidgens la possibilité de donner du rythme à un temps qui ne passe pas.

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